Albert Marquet, un artiste inclassable
Jusqu’au 21 août, le Musée d’Art moderne consacre à Albert Marquet (1875-1947), une importante monographie regroupant plus d’une centaine d’œuvres –peintures et dessins –, certaines montrées pour la première fois en France.
Marquet a passé sa vie à voyager entre les rives de la Méditerranée et de la Seine, faisant du paysage et de l’eau, ses motifs favoris. Il a construit son œuvre loin des débats artistiques du moment, en maintenant une amitié indéfectible avec Henri Matisse, rencontré en 1892 dans l’atelier de Gustave Moreau.
Le parcours chronologique et thématique de l’exposition permet de redécouvrir un artiste inclassable qui a évolué avec les mouvements de l’époque, du post-impressionnisme au fauvisme, tout en conservant son indépendance stylistique.
Du fauvisme auquel il est associé à ses débuts, il ne retient que quelques caractéristiques : la simplification des formes, une autonomisation relative de la couleur, l’apparence d’improvisation rapide. Mais Albert Marquet recherche une harmonie tonale afin de montrer l’essentiel, il veut synthétiser les sujets avec justesse et équilibre, « peindre comme un enfant sans oublier Poussin », pour reprendre sa citation.
Le parcours de l’exposition met en lumière cette constante recherche de modernité à travers les différents aspects de son œuvre : ses premiers travaux à Paris et à Arcueil aux côtés de Matisse, ses œuvres de la période fauve, ses nus si caractéristiques entre étude académique et face-à-face sensuel, son obsession du paysage, de la variation à la série, « cette très particulière domination optique du monde » pour reprendre les mots de Jean Cassou, à la fois moderne et intemporelle.
Conçue par le Musée d’Art moderne, cette exposition sera ensuite présentée au musée Pouchkine à Moscou d’octobre 2016 à janvier 2017.
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