« Antidote » à la frénésie, la méditation séduit les confinés

"Il n'y a rien à faire, il faut juste être". En cette ère de confinement global, cette pensée a fait beaucoup de bien à Julie Arrue pendant son cours en ligne de méditation, une discipline qu'ils sont nombreux à pratiquer pour traverser la crise.
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-Un homme tente de montrer qu'il est pacifique en méditant alors qu'il manifeste contre les restrictions à la vie publique visant à endiguer la propagation du coronavirus, ou COVID-19, le 25 avril 2020 à Berlin, Allemagne. Photo par Adam Berry / Getty Images.
Von 26 avril 2020

« Il n’y a rien à faire, il faut juste être ». En cette ère de confinement global, cette pensée a fait beaucoup de bien à Julie Arrue pendant son cours en ligne de méditation, une discipline qu’ils sont nombreux à pratiquer pour traverser la crise.

Les chiffres affichés par les applications de méditation en ligne sont éloquents: une des leaders en France, Petit Bambou, est passée « de 5.000 à 15.000 utilisateurs par jour depuis le début du confinement » et a dépassé les cinq millions d’inscrits en France et le million en Espagne, selon son cofondateur Benjamin Blasco à l’AFP.

Téléchargements passant de 500 à 1.500 par jour

Sans sorties autorisées, les occasions de se détendre sont limitées et « le yoga, le fitness augmentent aussi » en ligne, remarque Julien Delon, cofondateur de Mind, dont les téléchargements quotidiens ont triplé, passant de 500 à 1.500 par jour.

Mais la méditation « est particulièrement adaptée à la situation actuelle, créatrice de stress », estime-t-il.

La pandémie, le confinement et la crise économique qui menace génèrent des « émotions multiples: stress, anxiété, peur, colère, et tension entre les gens à cause de la promiscuité », rappelle Benjamin Blasco.

Ces applications proposent notamment une initiation à la « pleine conscience », une pratique de méditation popularisée dans les années 1980 par le biologiste américain Jon Kabat-Zinn. Sa technique de réduction du stress (MBSR), issue du bouddhisme mais qui a perdu sa connotation religieuse, a fait l’objet de plusieurs études scientifiques qui ont démontré certains bénéfices.

La méditation permet une meilleure concentration

L’école de médecine de Harvard a conclu par exemple en 2011 que ce type de méditation, fondée sur l’attention à la respiration et au corps, permet une meilleure concentration de matière grise dans les zones cérébrales liées à l’apprentissage, la mémoire et l’empathie.

M. Kabat-Zinn propose lui-même des sessions de méditation depuis le début du confinement sur le site Wisdom 2.0. Des milliers de pratiquants – habitués et débutants- le suivent au quotidien, connectés depuis chez eux.

Ces dernières années, la « pleine conscience » s’est déployée auprès « du grand public, en milieu de santé, dans les écoles, et même dans la sphère politique », explique Dominique Retoux, professeur de cette pratique à Paris.

Le député LREM Gaël Le Bohec a ainsi récemment proposé à ses collègues de tous bords de s’y adonner pour se calmer les nerfs « mis à rude épreuve » par le coronavirus et le « confinement ».

La méditation est un « antidote à la frénésie du monde moderne », et maintenant que « la nature nous a arrêtés », elle a encore plus d’écho, estime Dominique Retoux.

La méditation de l’agriculture paysanne

Tout en mettant en garde ceux qui en attendent des « résultats miracles » trop vite: « Ce n’est pas de l’agriculture intensive, c’est de l’agriculture paysanne, tous les jours on travaille sa terre ».

« C’est un rendez-vous pour sortir de l’emballement mental et émotionnel », témoigne Julie Arrue, une productrice de cinéma qui suit des sessions proposées en ligne par M. Retoux et sa collègue Inken Dechow, contraints de fermer leur salle à Paris.

« Pour moi la méditation c’était pour les moines bouddhistes, mais j’ai découvert que tout le monde peut le faire, c’est accessible », abonde une autre pratiquante, Louisa Renon, confinée avec ses deux adolescents en banlieue parisienne.

En guise de soutien aux soignants, en première ligne face au coronavirus, Petit Bambou et Mind leur ont offert des accès « premium » gratuits.

« On a distribué entre 2.500 et 3.000 codes à la trentaine d’hôpitaux qui nous ont contactés, y compris depuis la Belgique et le Luxembourg. Ça montre un énorme besoin », explique le cofondateur de Petit Bambou.

Mind comptabilise environ 2.000 soignants parmi ses utilisateurs.

Ces nouveaux pratiquants le resteront-ils pour autant après la crise? « Les médias en parlent beaucoup, ça paraît être un truc à la mode, mais c’est une mode qui dure depuis 40 ans (en Occident), 2.500 ans dans certaines cultures », fait valoir Dominique Retoux.

 



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