Attentat à l’aéroport de Kaboul : au moins 85 morts et plus de 160 blessés

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Des femmes blessées arrivent dans un hôpital pour y être soignées. (Photo : WAKIL KOHSAR/AFP via Getty Images)
Von 27 août 2021

Le bilan perpétrée par le groupe jihadiste État islamique (EI) à l’aéroport de Kaboul est monté ce vendredi à 85 morts, dont treize soldats américains et plus de 160 blessés, selon un responsable de l’ancien gouvernement renversé à la mi-août par les talibans.

L’attentat, mené jeudi à la tombée du jour, a semé le chaos et la désolation parmi les milliers d’Afghans massés sur place dans l’espoir de monter dans un des avions affrétés par les Occidentaux.

Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux ont montré des dizaines de victimes, mortes ou blessées, étendues dans les eaux saumâtres d’un canal d’égout, entourées de secouristes débordés et démunis. Hommes, femmes et enfants couraient dans tous les sens pour s’éloigner du lieu des explosions.

Premier attentat meurtrier

« Il y a beaucoup de femmes et d’enfants parmi les victimes. la plupart des gens sont choqués, traumatisés », a déclaré  un responsable de l’ancien gouvernement. La situation semblait calme vendredi matin à Kaboul, notamment autour de l’aéroport où les talibans avaient renforcé leurs barrages et où la foule semblait avoir disparu par endroits.

La double explosion a également tué au moins treize soldats américains et en a blessé dix-huit autres, selon le Pentagone, ce qui en fait l’attaque la plus meurtrière contre l’armée américaine en Afghanistan depuis 2011.

Ce premier attentat meurtrier depuis le retour au pouvoir des talibans le 15 août intervient à quelques jours du départ du pays des troupes américaines, prévu le 31 août après vingt ans de guerre infructueuse contre les islamistes.

Des bénévoles et du personnel médical déchargent des corps d’une camionnette à l’extérieur d’un hôpital après deux puissantes explosions devant l’aéroport de Kaboul, le 26 août 2021. (Photo : WAKIL KOHSAR/AFP via Getty Images)

Plus de 100.000 personnes évacuées

Selon Washington, qui s’attend à ce que les attaques de l’EI « continuent », cet attentat a été mené par deux kamikazes du groupe jihadiste, suivi d’une fusillade. Sous le nom d’EI-K (État islamique Province du Khorasan), l’EI a revendiqué certaines des attaques les plus sanglantes commises ces dernières années en Afghanistan, faisant des centaines de morts, en particulier parmi les musulmans chiites.

Même s’il s’agit de deux groupes sunnites radicaux, l’EI et les talibans sont en concurrence et sont animés par une haine tenace et réciproque.

Les Occidentaux ont condamné l’attentat, en soulignant qu’il ne devait pas empêcher la poursuite des évacuations massives, qui ont à ce jour permis de faire partir plus de 100.000 personnes, selon les dernières données publiées jeudi soir par la Maison Blanche. Le nouveau régime taliban, via son porte-parole Zabihullah Mujahid, a « fermement condamné » ces « attentats à la bombe », tout en soulignant qu’ils étaient survenus dans une zone placée sous la responsabilité de l’armée américaine.

Un combattant taliban monte la garde sur le site des deux attentats-suicides du 26 août, qui ont fait de nombreuses victimes dont 13 soldats américains, à l’aéroport de Kaboul, le 27 août 2021. (Photo : WAKIL KOHSAR/AFP via Getty Images)

« C’était une énorme explosion »

Selon des sources militaires, l’une des explosions s’est produite à proximité d’Abbey Gate, l’un des trois points d’accès à l’aéroport. « C’était une énorme explosion, au milieu de la foule qui attendait devant une des portes de l’aéroport », où entrent des gens qui se font évacuer par les Occidentaux, a déclaré un témoin de la scène, Milad, ajoutant avoir vu « des corps et des fragments humains projetés » aux alentours.

Dans la confusion, il raconte avoir perdu les documents avec lesquels il espérait embarquer sur un vol avec sa femme et ses trois enfants. « Je ne veux plus jamais aller (à l’aéroport). Mort à l’Amérique, son évacuation et ses visas », a-t-il dit.

Les blessés « ne pouvaient pas parler, beaucoup étaient terrifiés, leurs yeux perdus dans le vague, leur regard vide », a témoigné sur Twitter le coordinateur médical de l’hôpital géré par l’ONG italienne Emergency, Alberto Zanin.

Le rythme des évacuations, qui n’avait cessé de s’accélérer ces derniers jours, avait commencé à ralentir mercredi.



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