Birmanie/Rohingyas: des journalistes racontent avoir été cagoulés et privés de sommeil

Two Reuters journalists in Myanmar were hooded and deprived of sleep after they were arrested while investigating a massacre of Rohingya Muslims, one of them told a court on Tuesday in startling testimony.
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Les journalistes du Myanmar Kyaw Soe Oo et Wa Lone détenus, s'adressent aux médias après avoir comparu devant un tribunal de Yangon, dans le cadre du procès en cours. Lone et Kyaw Soe Oo, deux journalistes de Reuters inculpés en vertu d'une loi sur le secret, pourraient être condamnés à 14 ans de prison, dans une affaire qui a suscité un tollé face à la diminution de la liberté des médias. Photo YE AUNG THU / AFP / Getty Images.
Von 17 juillet 2018

Deux journalistes de l’agence Reuters en Birmanie ont été cagoulés et privés de sommeil après leur arrestation alors qu’ils enquêtaient sur un massacre de membres de la minorité musulmane rohingya, a raconté mardi l’un d’entre eux devant un tribunal.

Wa Lone, 32 ans, et Kyaw Soe Oo, 28 ans, des Birmans travaillant pour cette agence de presse, sont accusés par la police de détention de documents classés secrets relatifs aux opérations des forces de sécurité en Etat Rakhine, une région de l’ouest théâtre du drame rohingya, qui relèvent, selon l’ONU, de « l’épuration ethnique ». En détention préventive depuis décembre 2017, ils encourent jusqu’à 14 ans de prison.

« Des policiers nous ont emmenés dans un endroit mais ont couvert nos têtes avec des cagoules », a déclaré Wa Lone devant le tribunal, ajoutant qu’il avait réalisé plus tard qu’il s’agissait d’un bâtiment connu pour ses pratiques de torture à l’égard des suspects. « Ils nous interrogeaient toutes les deux heures et nous n’avons pas pu dormir pendant trois jours », a-t-il expliqué. Selon l’ONG de défense des droits de l’homme Human Rights Watch, le recours à la privation, pour obtenir des informations, de sommeil est interdit par le droit international.

Les deux reporters enquêtaient sur le massacre de dix Rohingyas dans le village d’Inn Dinn. Quelques jours après leur arrestation, l’armée avait reconnu que des soldats et des villageois bouddhistes avaient tué de sang-froid des captifs de cette communauté le 2 septembre 2017. Sept militaires ont été condamnés à dix ans de prison pour cette tuerie.

Les policiers ont essayé de les persuader de ne pas publier leur article sur le massacre en leur proposant de négocier leur détention, a affirmé Wa Lone, ajoutant qu’on leur avait demandé pourquoi ils écrivaient sur la mort de musulmans alors qu’eux-mêmes étaient bouddhistes. « Ils nous ont dit que nous ne devrions pas écrire cet article alors que les gens qui ont été tués étaient Kalar », a-t-il raconté, en référence à un terme péjoratif désignant les musulmans et les habitants d’Asie du Sud en Birmanie.

Les opérations de l’armée et de milices bouddhistes contre les Rohingyas ont poussé à s’exiler au Bangladesh plus de 700.000 membres de cette minorité. Les militaires, au pouvoir en Birmanie pendant des décennies, continuent à y tirer de nombreuses ficelles malgré la mise en place en 2016 du gouvernement civil de la lauréate du prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi.

DC avec AFP



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