Burkina Faso : l’homosexualité désormais illégale et passible de prison

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Dans le centre de Ouahigouya, dans l'est du Burkina Faso. Illustration. (ISSOUF SANOGO/AFP via Getty Images)
Von 2 septembre 2025

Le Burkina Faso a adopté lundi une loi instaurant des peines de prison pouvant aller jusqu’à cinq ans pour les « auteurs de pratiques homosexuelles », marquant un tournant législatif dans ce pays d’Afrique de l’Ouest dirigé par une junte militaire critique de l’Occident.

Une large réforme du Code des personnes et des familles entreprise

Jusqu’à présent, le Burkina Faso ne disposait d’aucune législation spécifique visant les personnes homosexuelles, qui vivent généralement dans la discrétion. La nouvelle loi, approuvée à l’unanimité par les 71 membres non élus de l’Assemblée législative de transition (ALT) – organe parlementaire mis en place après l’arrivée au pouvoir de la junte il y a près de trois ans – prévoit « une peine d’emprisonnement qui va de deux à cinq ans et des peines d’amende », selon le ministre de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, lors d’une allocution télévisée.

Pour les étrangers, la sanction prévue est l’expulsion du territoire burkinabè.

La junte, dirigée par le capitaine Ibrahim Traoré depuis le coup d’État de septembre 2022, affiche une politique souverainiste et critique envers l’Occident, revendiquant des valeurs différentes et renforçant ses liens avec des partenaires comme la Russie ou l’Iran. La pénalisation des pratiques homosexuelles s’inscrit dans une réforme plus large du Code des personnes et des familles, qui introduit aussi d’autres changements, comme le durcissement des conditions d’accès à la nationalité par mariage (désormais entre cinq et sept ans de délai) et la reconnaissance légale des mariages religieux et coutumiers.

Le chef de la junte au pouvoir au Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, défile dans les rues de Ouagadougou le 2 octobre 2022. (IDRISSA OUEDRAOGO, ADAMA OUEDRAOGO/AFPTV/AFP via Getty Images)

Le nouveau Code doit encore être promulgué par le capitaine Traoré et fera l’objet d’une campagne de sensibilisation nationale selon le ministre de la Justice. Ce durcissement politique s’inscrit dans un mouvement régional: en août 2023, l’autorité de régulation des médias avait déjà interdit la diffusion de chaînes faisant la promotion de l’homosexualité, et au Mali voisin – également gouverné par une junte – une loi similaire a été votée en novembre 2024.

La répression de l’homosexualité largement répandue sur le continent

En Afrique, sur 54 États, une trentaine interdisent et répriment l’homosexualité. Dans certains pays comme la Tanzanie, la Zambie, la Sierra Leone ou la Gambie, ces pratiques sont passibles de la réclusion à perpétuité. Au Nigeria, Kenya ou Malawi, les peines de prison peuvent atteindre 14 ans. Cette tendance s’oppose à l’évolution mondiale vers la dépénalisation, l’Association internationale des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans et intersexes (Ilga World), dénonçant une « régression troublante » dans plusieurs régions d’Afrique et d’Asie.

Avec AFP



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