Chantage politique aux vidéos intimes: l’artiste russe Pavlenski, réfugié en France, devant la justice française mercredi

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Le candidat de La République en Marche (LREM) à la mairie de Paris 2020 Benjamin Griveaux , pose lors d'une séance photo à Paris le 11 septembre 2019. (Photo JOEL SAGET/AFP via Getty Images)
Von 26 juin 2023

Plus de trois ans après la diffusion des vidéos à caractère sexuel ayant entraîné la chute d’un politicien proche du président Emmanuel Macron, l’artiste russe Piotr Pavlenski sera jugé à Paris mercredi.

Il a « importé en France les méthodes de la Stasi pour abattre un candidat en campagne et détruire sa famille », dénonce Me Richard Malka, avocat de Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement français de 2017 à 2019. « Pour Pavlenski, nos vies privées n’ont aucune valeur et peuvent être bafouées pour assouvir son besoin de lumière médiatique », ajoute-t-il.

En Russie, Piotr Pavlenski a réalisé plusieurs « évènements d’art politique » : il s’est cousu les lèvres en soutien au groupe contestataire Pussy Riot, cloué les testicules sur la place Rouge et il a mis le feu à l’une des portes du siège historique des services de sécurité russes. Il est réfugié en France depuis 2017.

Le 14 février 2020, Benjamin Griveaux, candidat à la mairie de Paris avait annoncé à l’AFP l’abandon soudain de sa campagne, fustigeant des « attaques ignobles mettant en cause (sa) vie privée ». Le soir du 12 février, deux vidéos intimes ont été publiées sur un site baptisé « Pornopolitique » dont le lien est relayé sur les réseaux sociaux, accompagnées d’un texte signé Piotr Pavlenski.

Cette démission de l’ancien secrétaire d’État, porte-parole du gouvernement et député provoque un scandale politique : gauche et droite s’indignent unanimement d’un « naufrage voyeuriste » et d’une « menace pour la démocratie ».

Piotr Pavlenski revendique cette action d’« art politique », visant à dénoncer l’« hypocrisie dégoûtante » d’un homme qui « fait la propagande des valeurs familiales traditionnelles ».

Inculpation de l’artiste et de sa compagne

Le lendemain, l’ex-ministre porte plainte et, le 18 février, l’artiste de 39 ans ainsi que sa compagne, Alexandra de Taddeo, alors étudiante, sont inculpés.

Mercredi, ils seront à la barre, soupçonnés d’avoir enregistré et diffusé ces images. Benjamin Griveaux, 45 ans, qui a peu à peu abandonné sa carrière politique pour l’entrepreneuriat, ne sera pas présent.

Les images montrant un homme non identifié en train de se masturber avaient été montées avec des captures d’écran de messages. Elles avaient été reçues par Alexandra de Taddeo lors d’une brève relation avec Benjamin Griveaux entre mai et août 2018.

Ces vidéos éphémères devaient s’effacer au bout de 30 secondes, mais la jeune femme d’aujourd’hui 32 ans a expliqué avoir réglé son téléphone pour les conserver, afin d’avoir des « preuves » si leur relation venait à se savoir.

Elle affirme que Piotr Pavlenski, qu’elle a rencontré fin 2018, les a diffusées à son insu. Les juges d’instruction ont au contraire retenu son « implication directe », au regard notamment du soutien financier d’une association, qu’elle présidait, au site « Pornopolitique ».

Une « œuvre d’art politique »

En janvier 2019, Piotr Pavlenski a été condamné à trois ans de prison dont un ferme pour avoir incendié la façade d’une succursale de la Banque de France place de la Bastille, haut lieu de la Révolution française, un contre-sens historique selon lui.

« Mon œuvre d’art Pornopolitique reposait entièrement sur un jeu de catégories esthétiques. C’est-à-dire un jeu de styles. Le style élevé a été combiné avec le style bas. Ou plutôt vulgaire », a déclaré l’artiste à l’AFP.

« Une seule combinaison de ces deux styles a suffi à provoquer un véritable cataclysme en France (…). C’était difficile pour moi, en tant qu’artiste, de traverser cela, car les conservateurs de tous bords ont jeté leurs masques et se sont accrochés à moi avec leurs crocs comme des chiens affamés », a-t-il ajouté.



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