Les chênes de nos forêts françaises partent en Chine

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Un chêne classé "arbre remarquable" dans les Landes, dont l'âge est estimé à 600 ans. (Crédit : Blef00fr)
Von 5 juin 2021

L’exportation des chênes de nos forêts françaises vers la Chine n’a pas arrêté d’augmenter ces dix dernières années. Une pétition demande au ministre de l’Agriculture et des Forêts de protéger le roi des arbres.

Les exportations de chêne français ont été multipliées par dix en l’espace de 10 ans, selon Canopée, une organisation qui a pour but de protéger les forêts en France et dans le monde. Sur les 500 000 m³ exportés en 2017, près de la moitié sont partis en Chine, soit un total de plus de 17,5 % de la collecte totale de chêne français.

Non seulement les acheteurs chinois se fournissent en chêne chez nous, puisque cette ressource n’est pas disponible chez eux, mais ils font monter les prix, au détriment des scieries de l’Hexagone qui n’arrivent pas à faire face à cette concurrence. En 2018, la Fédération nationale du bois (FNB) avait déjà lancé un cri d’alarme : les scieries spécialisées dans le chêne fonctionnaient à 60 % de leur capacité par manque de matière première, indique Sciences et Avenir.

« Pour contrer l’avancée du désert dans ses régions du nord et stopper la surexploitation de ses forêts, la Chine a fortement réduit ses coupes de bois et cherche donc à s’approvisionner sur les marchés extérieurs », explique Philippe Siat, président de la FNB.

La tendance observée depuis plus d’une décennie est loin de s’inverser ces dernier temps, bien au contraire : « L’export des grumes [troncs d’arbres abattus, ndlr] de chêne vers la Chine, particulièrement depuis la forêt privée, redouble d’intensité en 2021. Les acheteurs chinois semblent ne pas avoir de limite de prix, au point que les scieurs français se trouvent totalement écartés des ventes », se désole David Chavot, directeur de la scierie du groupe Margaritelli à Fontaines (Saône-et-Loire), l’un des plus importants sites de transformation du bois de chêne en France.

David Chavot ajoute des chiffres alarmants qui ont été contestés par le Syndicat des exploitants : « Une enquête portée sur un certain nombre de ventes privées récentes (experts, coopératives, Caisse des dépôts et consignations, etc.) montre que sur les quatre derniers mois, de décembre 2020 à mars 2021, près de 75 % des lots mis en vente ont été achetés par des exportateurs. À ce rythme, les scieries françaises seront à l’arrêt à très court terme. »

L’argument avancé par ceux qui défendent les exportations de bois brut vers la Chine est que les grumes de chêne destinées à l’exportation seraient de second choix. En entrevue dans un reportage de plus d’une heure de France info sur le sujet, David Chavot assure pourtant que la qualité du bois d’exportation est très bonne : « Je les achète tout de suite, ces bois-là ! C’est précisément le type de bois qu’on est capables de transformer, pour faire du parquet de la plus belle qualité. »

Face à ce constat, Canopée a lancé une pétition adressée à Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture et des Forêts, dans laquelle l’association dénonce la situation et assure qu’il existe des solutions, par exemple interdire l’exportation de grumes non transformées comme l’ont fait de nombreux pays.



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