Chiens d’élite de la gendarmerie : quel est le rôle des « e-dogs » ?

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David, adjudant-chef et instructeur maître-chien à la gendarmerie, travaille avec son chien Snatch pour rechercher des objets numériques lors d’un entraînement au Centre National d’Instruction Cynophile de Gramat, le 19 mai 2025. (LIONEL BONAVENTURE/AFP via Getty Images)
Von 7 juin 2025

Pour trouver la caméra espion, Snatch fait glisser son museau au ras du sol et renifle, minutieusement mais à toute allure, chaque cachette potentielle : présenté jeudi par la gendarmerie, il est l’un des premiers chiens policiers de France capables de localiser du matériel électronique, crucial dans certaines enquêtes.

Formé au Centre national d’instruction cynophile de la gendarmerie (CNICG), installé à Gramat (Lot) et qui fête jeudi son 80e anniversaire, ce berger belge malinois de 4 ans a été jugé opérationnel à l’automne 2024, tout comme un second chien basé dans le Doubs, et tous deux comptent déjà une vingtaine d’opérations.

Ces « e-dogs », comme les désignent aussi les gendarmes, peuvent repérer tout ce qui comporte un circuit électronique : ordinateurs, téléphones, clés USB, disques durs, cartes SIM ou SD, voire microSD…

Pédopornographie, délinquance économique et financière ou le trafic de stupéfiants

« La numérisation des usages fait que le chien de recherche de supports de données numériques (leur appellation officielle, ndlr) peut être utilisé pour tout type d’affaires parce que l’électronique peut être le vecteur de la commission d’infractions ou détenir les preuves de la commission d’une infraction », explique le chef d’escadron Damien Courton, responsable du département formation du CNICG.

Les principaux besoins concernent « la pédopornographie, parce que ce sont des types d’infractions où il y a beaucoup de stockage de données qui peuvent s’échanger entre les utilisateurs, mais aussi la délinquance économique et financière ou le trafic de stupéfiants », ajoute-t-il.

David, maître-chien et instructeur à la gendarmerie, entraîne son chien Snatch à détecter des objets numériques au Centre National d’Instruction Cynophile de Gramat, le 19 mai 2025. (LIONEL BONAVENTURE/AFP via Getty Images)

L’odeur du tantale, un métal rare

Quelques jours avant l’anniversaire du centre, Snatch pointe sa truffe vers chacun des 25 récipients métalliques fermés d’un couvercle posés au sol puis parcourt les alvéoles en brique dont sont tapissés les murs d’une salle d’entraînement, avant de se figer soudainement devant l’une de ces cavités et de s’allonger.

C’est là que son maître, l’adjudant-chef David Rodriguez, a caché le stylo qui comporte une caméra espion. Pour Snatch, que la caméra soit dissimulée dans un tel gadget n’a aucune importance : ce qu’il cherche, c’est l’odeur du tantale, un métal rare présent dans la plupart des circuits imprimés.

Autour de 70% de réussite

Contrairement aux Américains, qui font flairer à leurs chiens l’oxyde de triphénylphosphine, un composé chimique utilisé lors de la production de matériel électronique, mais n’obtiennent que 30% de réussite, la gendarmerie française a décidé de privilégier le tantale, identifié par des chercheurs néerlandais comme potentiellement plus efficace, explique David Rodriguez.

« Ils ont obtenu des résultats autour de 70%, et c’est à peu près ce qu’on obtient, nous aussi », explique-t-il.

Pour féliciter Snatch de sa trouvaille, le gendarme lui lance son « boudin », jouet en tissu de forme cylindrique que le malinois attrape au vol et mâchouille immédiatement avec application. La notion de récompense par le jeu est au coeur du dressage des chiens policiers, et cette nouvelle spécialité ne fait pas exception.

Snatch, chien policier, cherche des objets numériques lors d’un entraînement au Centre National d’Instruction Cynophile de la Gendarmerie à Gramat, le 19 mai 2025. (LIONEL BONAVENTURE/AFP via Getty Images)

Qu’il s’agisse de rechercher billets de banque, cannabis, armes à feu, une personne disparue ou en l’occurrence une clé USB ou un téléphone, ces officiers canins sont en fait entraînés à retrouver l’odeur qu’ils associent à l’idée de jouer avec leurs maîtres.

« C’est la magie des chiens »

« Pour choisir les chiens, mon premier critère, c’est que quand je leur sors un jouet, il faut qu’ils le prennent et ne le rendent jamais », explique avec un sourire l’adjudant Pierre Goyard, chargé de dresser les quatre prochains e-dogs.

Dans la salle de dressage du CNICG, Snatch découvre successivement une tablette, une smartwatch et une carte microSD, et rechigne chaque fois à rendre son jouet. « Donne ! Donne ! », gronde son maître David Rodriguez, qui glisse toutefois sa satisfaction en aparté. « C’est une bonne chose. »

Face à l’efficacité confondante du jeune chien, l’expérimenté gendarme lâche : « On n’est plus étonné de rien, maintenant, quand on voit qu’ils peuvent détecter des cancers ou des fuites d’eau… »

De fait, Snatch a déjà réussi à repérer une batterie au lithium qui ne comportait pas de tantale. « Les chiens repèrent un cocktail d’odeurs qu’on n’a pas forcément identifié », explique le commandant Courton, et Snatch aura repéré « une deuxième odeur qu’il doit marquer ».

« C’est la magie des chiens », conclut-il.



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