Conseil des sages de la laïcité: un membre destitué par Nicole Belloubet
La ministre de l’Éducation Nicole Belloubet a destitué le sociologue et politologue Alain Policar de ses fonctions au sein du Conseil des sages de la laïcité, en raison de propos qui ont tendu, selon elle, à « amoindrir la loi de 2004 », a indiqué mercredi son entourage à l’AFP.
Cette décision prendra effet « d’ici au 30 juin prochain », a-t-on précisé, confirmant une information du journal L’Opinion.
« Ma venue parmi vous s’inscrit dans un contexte tout aussi particulier pour le Conseil des Sages, du fait de cette polémique née de l’intervention de l’un des vôtres dans un média », a dit la ministre dans un discours – dont l’AFP a obtenu copie – lors l’une intervention à la réunion plénière du Conseil des sages de la laïcité (CSL) lundi.
Dans un entretien diffusé par écrit sur le site internet de RFI début avril, Alain Policar, chercheur associé au Cevipof, s’était exprimé sur la loi de 2004, qui interdit le port de signes religieux ostentatoires à l’école.
Des propos « pas compatibles » avec la qualité de membre du CSL
« Aujourd’hui, il est certain que l’application de la loi est difficile, et donc génératrice de tensions », a-t-il dit, selon ses propos retranscrits sur le site. « Elle paraît même être intolérante », ajoutait-il. « Le port du voile devrait donc être analysé chaque fois au cas par cas. Or, la loi ne permet pas cette analyse fine ».
Pour la ministre, ces mots qui tendent à « amoindrir la loi de 2004 », même en dehors du Conseil, ne sont « pas compatibles » avec la qualité de membre du CSL.
La présidente du Conseil des sages, Dominique Schnapper, avait auparavant écrit à la ministre pour faire état de « divergences notoires » et indiquer « ne pas pouvoir se reconnaître dans les propos d’Alain Policar », a déclaré à l’AFP Alain Sekzig, membre de ce conseil. « La décision appartenait à la ministre qui a pris sa responsabilité », a-t-il ajouté.
Contacté par l’AFP, Alain Policar a dit « contester le raisonnement » qui a conduit à son éviction : « On est désignés dans le conseil en tant qu’expert. Je n’avais donc pas le sentiment d’avoir à abdiquer ma liberté d’expression ».
Pap Ndiaye, alors ministre de l’Éducation, avait installé il y a un an un Conseil des sages de la laïcité remodelé, avec la nomination de cinq nouveaux membres, dont Alain Policar. La nomination de ce chercheur, qui avait critiqué en 2019 ceux qui font « de la laïcité une arme contre la religion », avait suscité des inquiétudes quant à une possible inflexion de ce Conseil.
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