Cuba : des journalistes et des dissidents dénoncent une journée d’ « assignations à domicile »
Des militants, des journalistes et des proches de dissidents emprisonnés ont été brièvement arrêtés ou empêchés de quitter leur domicile par des agents de la sécurité d’État, mardi, à l’occasion de l’anniversaire du « Maleconazo », la seule manifestation d’ampleur à laquelle Fidel Castro ait été confronté durant son règne.
Le 5 août 1994, des centaines de personnes étaient descendues dans les rues du front de mer du Malecón, à La Havane, pour manifester, un événement qui avait déclenché la « crise des balseros », durant laquelle de nombreux Cubains ont fui par la mer sur des embarcations de fortune pour rejoindre les États-Unis.

Des policiers interviennent lors des manifestations sur le front de mer de La Havane, le 5 août 1994. (ADALBERTO ROQUE/AFP via Getty Images)
Le gouvernement avait attribué ces protestations à l’incitation de Radio Martí, une station financée par Washington qui diffuse des informations à destination de Cuba.
Beaucoup de manifestants encore derrière les barreaux depuis 2021

Un homme est arrêté lors d’une manifestation contre le gouvernement du président Miguel Diaz-Canel dans la municipalité d’Arroyo Naranjo, à La Havane, le 12 juillet 2021. (YAMIL LAGE/AFP via Getty Images)
Les manifestations de 1994 ont été le prélude aux protestations historiques qui ont ébranlé l’île le 11 juillet 2021, lorsque des milliers de personnes sont descendues dans les rues d’une cinquantaine de localités, des rassemblements qui s’étaient soldés par un mort, des dizaines de blessés et des centaines d’arrestations. Beaucoup de manifestants sont encore derrière les barreaux actuellement.

Des milliers de Cubains à travers le pays ont pris part à des manifestations exceptionnelles le 11 juillet 2021 contre le gouvernement communiste, défilant dans plusieurs villes au cri de « À bas la dictature » et « Nous voulons la liberté ». (EVA MARIE UZCATEGUI/AFP via Getty Images)
Le déni du régime cubain
La Havane affirme que ces marches avaient elles aussi été orchestrées par Washington.
Le président cubain Miguel Díaz-Canel a déclaré que cette date rappelait qu’ »il y aura toujours des forces obscures à l’affût contre une Révolution authentique dans les moments difficiles », publiant sur X une photo de Fidel Castro faisant face aux manifestants en 1994.

Le président cubain Miguel Díaz-Canel Bermúdez prend la parole lors de l’Assemblée générale des Nations unies (AGNU) au siège des Nations unies, le 19 septembre 2023 à New York. (Michael M. Santiago/Getty Images)
Le gouvernement « a activé son appareil répressif »
La journée de mardi a été marquée par des opération de « surveillance », d' »assignations à domicile », de « détentions arbitraires » et de « coupures sélectives d’internet », selon Cubalex, une ONG basée à Miami. Manuel Cuesta Morúa, un dissident qui milite pour une transition démocratique à Cuba, a déclaré à l’AFP via WhatsApp que, dès le matin, il avait été « assiégé par la police » dans « une forme d’assignation à domicile, sans mandat judiciaire ».
Le gouvernement « a activé son appareil répressif » selon le « schéma policier » appliqué lors de dates sensibles, a affirmé Yoani Sánchez, directrice du journal indépendant 14ymedio.

La lauréate Yoani Sanchez prend la parole sur scène lors de la cérémonie des DVF Awards 2017 au siège des Nations Unies, le 6 avril 2017 à New York. (Jamie McCarthy/Getty Images)
Elle a indiqué que son mari, Reinaldo Escobar, également journaliste pour ce média, avait « été détenu quelques heures à La Havane ».

La blogueuse cubaine Yoani Sanchez (à g.) marche accompagnée de son mari Reinaldo Escobar (à dr.) après avoir rencontré l’ancien président américain Jimmy Carter à l’hôtel de La Havane où celui-ci séjourne, le 30 mars 2011. (ADALBERTO ROQUE/AFP/GettyImages)
Journalistes et dissidents sous haute surveillance
La journaliste indépendante Camila Acosta a confié à l’AFP qu’un agent de la sécurité d’État avait été posté à l’entrée de son domicile tôt dans la matinée.
Parmi les autres personnes dans des situations similaires signalées par Cubalex figuraient des représentantes du mouvement des Dames en blanc, un groupe né en 2003 réunissant les proches de dissidents politiques détenus, et le père d’un jeune homme emprisonné pour sa participation aux manifestations de juillet 2021.

Zoila Rodriguez Marzo montre, le 10 janvier 2022 chez elle à La Havane, un document relatif à la condamnation de son fils Exeynt Beirut et une photo sur son téléphone portable de son fils (au c.), de sa fille Katia Beirut (à g) et du père de ses enfants Fredy Beirut (à dr.), le premier détenu à Guantanamo depuis le 11 juillet et les deux autres détenus après les manifestations antigouvernementales à La Guinera depuis le 12 juillet 2021. Selon Cubalex, 1 355 personnes ont été arrêtées, dont 719 toujours en prison. (YAMIL LAGE/AFP via Getty Images)
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