Daech en régression après sa défaite à Fallujah

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La fumée s’élève à Fallujah le 30 juin 2016, alors que les forces irakiennes détruisent un édifice piégé. (Ahamd Al-Rubaye/AFP/Getty Images)
Von 19 juillet 2016

JÉRUSALEM – La récente défaite de l’État islamique en Syrie et au Levant (ÉISL/Daech) à Fallujah pourrait être le premier épisode du déclin du groupe terroriste sanguinaire.

Daech a occupé Fallujah, l’une des plus grandes villes d’Irak, pendant 29 mois. Outre Raqqa et d’autres localités en Syrie, en importance seule Mosul en Irak demeure sous le contrôle du groupe.

« Nous allons constater une lente migration du centre de gravité de Daech de l’Irak et la Syrie vers l’ouest »

−Michael Knights,  chercheur au Washington Institute

Selon les experts, à la suite du balayage relativement rapide de Fallujah par les forces irakiennes à la fin juin, on craint que Daech va continuer à tenter d’infiltrer d’autres régions à l’extérieur de la Syrie et de l’Irak.

« Nous allons constater une lente migration du centre de gravité de Daech de l’Irak et la Syrie vers l’ouest », estime Michael Knights, un chercheur du Washington Institute for Near East Policy spécialisé dans les questions militaires et de sécurité en Irak.

Selon lui, il y a quelques endroits précis où le groupe va tenter de s’implanter : le nord de la Syrie, le nord du Liban, le sud de la Turquie et certains endroits en Jordanie, particulièrement près des camps de réfugiés.

Malgré cela, les conditions ne sont pas propices pour stopper le problème.

« Les gens veulent se débarrasser de l’infestation de Daech dans leurs propres pays », affirme M. Knights. « On est aux prises avec un État en déroute en Syrie. Les Irakiens sont complètement absorbés à tenter de chasser Daech de leurs villes. De toute évidence, les Libanais n’ont pas les capacités de protéger leur frontière au nord. Les Turcs, ils vont probablement s’efforcer plus que quiconque pour empêcher un débordement, mais ils ont déjà raté le bateau. Ils laissent déjà Daech entrer. »

Des Irakiens déplacés ayant fui l’offensive du gouvernement à Fallujah transportent des sacs de nourriture de l’ONG Preemptive Love Coalition le 20 juin au camp Khaldiyeh. (Haidar Mohammed Ali/AFP/Getty Images)

Des Irakiens déplacés ayant fui l’offensive du gouvernement à Fallujah transportent des sacs de nourriture de l’ONG Preemptive Love Coalition le 20 juin au camp Khaldiyeh. (Haidar Mohammed Ali/AFP/Getty Images)

Contenir Daech

Les défis de contenir les mouvements transfrontaliers du crime organisé et des trafiquants d’armes pourraient aider Daech à poursuivre ses activités à un certain niveau.

Mais il est improbable de voir un niveau d’activité constaté jusqu’à maintenant en raison d’un déficit d’image croissant causé par la perte de cette aura d’invincibilité.

« Ils avaient l’air d’être sur l’offensive, mais ils redeviennent un mouvement terroriste », affirme M. Knights. « Tout ce qu’ils font c’est retarder l’inévitable. »

Bien qu’il affirme qu’ils vont encore cibler des civils dans des attaques, ce qu’ils feront à partir de maintenant sur le plan stratégique de la guerre sera principalement pour les apparences.

« La capacité des forces de sécurité augmente et la capacité de Daech diminue », affirme M. Knights. « Ils se font tuer plus rapidement qu’ils ne peuvent se remplacer, ils perdent de l’expérience et ils sont incapables de déplacer des forces. »

Le spécialiste affirme que les dirigeants de Daech étaient auparavant en mesure de déplacer leurs forces comme des pièces sur un échiquier, d’une bataille importante à une autre. Alors qu’ils perdent de bons combattants et même des dirigeants importants, les forces de sécurité et de la coalition peuvent maintenant dicter où se déroulent les combats.

« Ils perdent du terrain », ajoute-t-il.

Un homme marche vers un poste de contrôle dans la ville de Hébron en juin 2016. (Jacob Vriens/Epoch Times)

Un homme marche vers un poste de contrôle dans la ville de Hébron en juin 2016. (Jacob Vriens/Epoch Times)

Même si Daech a récemment publié un graphique démontrant ses « zones de contrôle » pour souligner le deuxième anniversaire de sa formation, il est difficile de déterminer exactement où s’étendent ses tentacules. Le groupe se nourrit de l’instabilité des États en déroute et est adepte de l’infiltration. En faisant face à la menace immédiate de Daech, les États peinent à confronter ses tentatives d’infiltration. Aussi, malgré son déficit d’image causé par sa perte de vitesse, la problématique des attaques à l’étranger dirigées ou inspirées par Daech demeure.

Le cas d’Israël est un bon exemple, même si les attaques sont moins spectaculaires qu’en France ou en Belgique.

Étant une rare démocratie de type occidental au Moyen-Orient, Israël occupe une position particulière face à Daech. Elle partage une frontière avec la Syrie au nord-est où la guerre civile fait rage, et avec la Jordanie à l’est où la problématique pourrait se développer.

Il y a aussi un nombre grandissant d’attaques de loups solitaires inspirés par Daech.

Dernièrement, le Shin Bet a annoncé que l’attaque dans un marché de Tel Aviv le 8 juin avait été inspirée par Daech.

Plus d’une dizaine de résidents de la ville des agresseurs Yatta, en Cisjordanie, ont depuis été arrêtés et traités comme des complices dans l’attaque. Certains sont accusés d’avoir aidé à fabriquer et à trafiquer des armes.

« La Jordanie est l’endroit le plus propice pour que Daech fasse une percée »

− Itamar Rabinovich, expert du Moyen-Orient au Brookings Institute

La vulnérabilité des jeunes hommes de Cisjordanie à la propagande de Daech est un problème sérieux, selon Itamar Rabinovich, expert du Moyen-Orient au Brookings Institute et ex-ambassadeur israélien aux États-Unis. Il a également été négociateur en chef avec la Syrie de 1992 à 1996.

« Ils ont de l’influence sur les jeunes Palestiniens en Cisjordanie et la minorité d’Arabes israéliens qui pourraient être inspirés à commettre des actes terroristes contre des personnes », affirme M. Rabinovich. « La plupart des actes terroristes venant de Cisjordanie sont de ce genre. »

Il ajoute que bien que « plusieurs de ces jeunes sont inspirés par la propagande de Daech », comme c’est le cas aussi en Occident, le véritable problème dans la région pourrait être la Jordanie.

« La Jordanie est l’endroit le plus propice pour que Daech fasse une percée », estime-t-il. Il souligne une «accumulation de problèmes », dont la possibilité d’un terroriste se faisant passer pour un des 1,4 million de réfugiés syriens.

Cependant, selon le spécialiste Omar Lamrani, Daech représente une menace véritable seulement où il y a un « échec total de la gouvernance ». M. Lamrani est un analyste des affaires militaires avec la firme américaine Stratfor.

« Leur capacité d’infiltration demeure limitée parce qu’ils prospèrent là où les États sont en déroute », explique M. Lamrani.

Parmi tous les pays de la région, il croit que la Jordanie, la Tunisie et le Liban sont à risque d’être infiltrés. La Jordanie avec son nombre élevé de réfugiés est problématique, mais il y a d’autres facteurs également.

« En Jordanie il y a la question de la sécurité intérieure et la préoccupation qu’une partie de la population pourrait être favorable à Daech », croit M. Lamrani.

Bien qu’il soit peu probable que la Jordanie devienne un genre de sanctuaire pour Daech, beaucoup de Jordaniens ont rejoint les rangs de l’organisation en Syrie et en Irak. Les autorités israéliennes croient aussi qu’un des protagonistes de l’attaque de Tel Aviv a été radicalisé en partie – ou du moins exposé aux influences terroristes – durant des séjours en Jordanie.

Finalement, M. Lamrani affirme qu’il y a encore beaucoup de travail à faire pour vaincre Daech, malgré sa défaite à Fallujah.

« Ça ne change pas la donne. C’est une bataille parmi d’autres sur le long chemin pour vaincre Daech. Juste parce que Fallujah a été reprise, ça ne veut pas dire que Daech va s’effondrer demain, remarque-t-il, mais il est en train de perdre. »

Version originale : ISIS Foothold Slipping After Fallujah Defeat, Say Experts

 



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