Droits de douane américains : dans les vignes bordelaises, une énième « mauvaise nouvelle »

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Von 22 août 2025

« Ce n’est pas à moi de payer la taxe Trump ! », s’insurge Laurent Dubois. Dans ses vignes prêtes à être vendangées, ce viticulteur bordelais qui exporte aux États-Unis déplore une énième « mauvaise nouvelle » pour la filière.

Les raisins sont mûrs, la récolte s’annonce bonne mais pour ce vigneron de 57 ans qui exporte 70% de sa production dans 25 pays, dont 10% aux États-Unis, la guerre commerciale du président américain Donald Trump assombrit les perspectives.

Celui qui incarne la neuvième génération à la tête du Château Les Bertrands à Reignac (Gironde) observe déjà les effets des droits de douane fixés à 15%, dont l’Union européenne n’a pas réussi à faire exempter le vin et les spiritueux.

« Pour notre dernière expédition, un client au Texas nous a demandé de lui faire un prix », raconte à l’AFP Laurent Dubois. « Mais moi, je suis Français, je n’ai pas voté Trump. Donc ce n’est pas à moi à payer, sachant qu’on a des marges très faibles! »

Les États-Unis : premier marché d’exportation

Dans son chai situé près de Blaye, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Bordeaux, des palettes sont prêtes à partir pour le Togo, l’Australie ou le Luxembourg. Cet hiver, le vigneron ira à Shanghai pour tenter de conquérir de nouveaux marchés en Asie.

Les États-Unis représentent de loin le premier marché d’exportation pour les vins de Bordeaux, avec plus de 400 millions d’euros de chiffre d’affaires (20% du total), suivis par la Chine (300 millions) et le Royaume-Uni (200 millions), selon l’union Bordeaux Négoce.

Les droits de douane, combinés à la faiblesse du dollar par rapport à l’euro, constituent « une double peine » pour le prix des bouteilles sur le marché américain, ajoute Laurent Dubois.

Il s’attend à une « petite baisse » de ses exportations aux États-Unis (50.000 bouteilles par an, dont une gamme casher) mais reste philosophe: « Ça aurait pu être pire parce qu’il y a quelques mois, Trump nous annonçait des taxes à 50%, à 200%… »

Il y aura une adaptation tarifaire

Un moindre mal, c’est aussi l’avis de Laurent Rousseau, viticulteur à Abzac près de Saint-Émilion, pour qui le marché américain représente 43% du chiffre d’affaires (144.000 bouteilles).

« Mon acheteur me dit que ça passe jusqu’à 20% (de taxe) sur nos gammes de produits: on est à 9,50 dollars (la bouteille) et on ne passe pas les 10 dollars, donc c’est une taxe qui est acceptable a priori », calcule-t-il.

« Il y aura une adaptation tarifaire mais il n’y a aucun arrêt de marché prévu. Après, je ne sais pas ce qui va se passer en décembre » lors de la renégociation annuelle du contrat avec son importateur, anticipe-t-il.

Dans le premier vignoble d’appellation de France, les difficultés à l’export ont entraîné ces dernières années une surproduction et un effondrement du prix du vrac. Un plan d’arrachage subventionné a permis de ramener la surface cultivée à 90.000 hectares, contre 103.000 il y a deux ans.

Les droits de douane américains s’ajoutent à ces difficultés, sur fond de baisse chronique de la consommation de vin.

De nombreux vignerons arrêtent

« Une mauvaise nouvelle, encore une », soupire Laurent Dubois. « On a dû réduire 10% à peu près de notre surface (ramenée à 130 hectares), on a arraché. Et puis on voit nombre de sociétés, de vignerons qui arrêtent ou sont en sauvegarde, ou en redressement. Ça fait peur. On se dit: le prochain, ça va être moi. »

À 50 km plus au nord, dans le vignoble de Cognac, les droits de douane aux États-Unis, premier marché de la célèbre eau-de-vie, surviennent après l’imposition de taxes ou de hausses de prix en Chine, deuxième destination d’une filière qui dépend à 98% de l’export.

Bertrand de Witasse, viticulteur qui fournit la maison Rémy Martin, a vu ses commandes chuter de 25% lors d’une renégociation en mai.

« On est tous impactés », reconnaît celui qui produit aussi son propre cognac à Angeac-Champagne (Charente). « Mais comme on dit à Cognac: Vous êtes milliardaires un an et pauvres dix ans. Donc, les années où vous êtes milliardaires, il faut mettre de côté et éviter de dilapider… »



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