Un éleveur refuse de démonter sa bergerie même s’il doit payer 150 euros par jour

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Les agneaux risquent de mourir de froid s'ils ne sont pas au chaud lors de leur naissance (Pixabay)
Von 21 avril 2021

Depuis lundi 19 avril, un éleveur de moutons de Genêts (Manche), dans la baie du Mont Saint-Michel, doit payer 150 euros par jour parce qu’il ne veut pas démonter sa bergerie en pleine période d’agnelage. Une décision qu’il a prise « par bon sens » en dépit de la saisie de la justice.

Cela fait plus de dix ans que François Cerbonney se bat en justice pour préserver son « outil de travail » et s’occuper de ses animaux « comme un bon père de famille » : une bergerie et 350 moutons qui paissent dans les prés salés de la baie du mont Saint-Michel. Malgré la tradition et les appuis des élus, le bâtiment, caché dans le paysage, ne respecterait pas la Loi littoral sur ce site classé « espace remarquable ».

La dernière décision de justice obligeait l’éleveur à démonter le bâtiment de 1 000 m² avant le 19 avril, sous peine d’une astreinte de 150 euros par jour. Mais François Cerbonney a décidé de se battre et la bergerie est toujours debout.

« J’ai encore une cinquantaine de brebis en gestation ici jusqu’au 25 mai. Il fait encore très froid la nuit, les petits ne seraient pas en vie », remarque-t-il, en entrevue auprès de nos confrères de La Gazette de la Manche, d’Île-et-Vilaine et Mayenne.

En apprenant la nouvelle, il s’est d’abord avoué « totalement désemparé » : « Je ne sais plus quoi faire, je ne peux pas détruire la bergerie pendant que les agneaux sont en train de naître », a-t-il expliqué à France 3. Puis il a pris la décision d’aller « jusqu’au bout ».

« Ils viendront me saisir ma maison », déclare François, qui devra attendre jusqu’en octobre pour avoir une audience s’il veut aller en appel. « Même si je perds tout, je garderai la tête haute. »

Le combat judiciaire qui dure depuis si longtemps oppose en fait la puissante association de protection de l’environnement Manche nature, qui a envoyé l’éleveur au tribunal, aux élus qui soutiennent l’agriculteur.

« Je considère qu’avec la qualité de son travail, son savoir-faire et le rôle indispensable des troupeaux pour l’équilibre naturel de la Baie, François Cerbonney et sa bergerie font partie d’un patrimoine qu’il faut préserver », affirme Catherine Brunaud-Rhyn, maire de Genêts.

De son côté, Yves Grall, président de Manche nature, pense que « les politiques se sont crus tout-puissants, ils ont pensé pouvoir octroyer un passe-droit ». Dans un communiqué, l’association précise que « les différents jugements leur ont rappelé que ce site ne pouvait accueillir la bergerie. Le TGI[Tribunal de grande instance, ndlr], le 1er juin 2017 prononçait le démontage du bâtiment et la Cour d’appel confirmait cette décision de bon droit le 20 juin 2018″.

« Il faut travailler à faire évoluer la loi pour permettre ces activités d’élevage proches du rivage de la Baie », déclare à Ouest-France Bertrand Sorre, député de la Manche. « Les lois sont parfois incohérentes, c’est mon rôle d’élue de le dénoncer », ajoute la maire de la petite commune de 440 habitants.

« Au-delà  du drame humain, ce jugement entraîne la fin d’une activité paysanne qui se pratique depuis le Moyen Âge dans la Baie ! C’est notre patrimoine (environnemental, culturel, économique et gastronomique) qui est en danger… », peut-on lire dans le texte d’une pétition lancée il y a trois ans et fermée depuis.



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