Émeutes: les assureurs fuient les villes sinistrées et refusent de payer pour elles
Pour une ville sinistrée, s’assurer devient de plus en plus compliqué et coûteux, une tendance qui s’est accrue avec les émeutes de l’été 2023.
Les effets des émeutes de l’été dernier se font encore sentir. Florence Lustman, présidente de la Fédération des assureurs, chiffrait alors les dégâts à 730 millions d’euros. Un montant encore en dessous de la réalité, si l’on en croit les conclusions de l’enquête du Sénat, rendues le 11 avril: « Le coût des émeutes qui ont touché tout le territoire l’été dernier est estimé à 793 millions d’euros, selon France Assureurs. Mais en raison notamment de la non-déclaration d’une partie des sinistres, la commission d’enquête du Sénat sur ces événements estime ce coût autour d’un milliard d’euros. 2500 bâtiments ont été touchés et plus de 12.000 véhicules ont été incendiés. »
En novembre, c’est La Gazette des communes qui tirait la sonnette d’alarme: « Cinq mois après les émeutes qui ont suivi la mort du jeune Nahel, la signature de contrats n’a jamais été si onéreuse et complexe pour beaucoup de maires. » « Les assureurs candidats se raréfient fortement, et lorsque les marchés sont en cours, les collectivités font face à des demandes d’avenants avec augmentation des primes, franchises voire à des résiliations sèches », expliquait alors un chef du service assurances d’une grande collectivité.
Quantité de municipalités ne sont plus assurées depuis le 1er janvier. C’est le cas, notamment, de la ville de Denain. Déjà marquée par un fort taux de pauvreté, elle se réveille maintenant avec la gueule de bois, après un été chaotique: théâtre, gare, médiathèque, façade de la mairie, commerces… En une nuit, « les trois quarts des bâtiments communaux ont été dégradés », rappelle la maire, dépitée. Coût de la facture: 600.000 euros, réglés par la MAIF, avant qu’elle ne résilie le contrat.
Depuis le début de l’année, cette ville – comme Maubeuge, Arcueil, etc. – est sans couverture. Malgré les appels d’offres lancés par la mairie en juin et octobre 2023 pour retrouver une assurance cette année, pas une réponse, rien.
Création d’un fonds « émeutes » ?
Inquiet de la situation, Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France, a adressé, ce lundi, une lettre au Premier ministre, l’enjoignant d’agir dans les plus brefs délais: « L’État ne peut pas s’exonérer de sa responsabilité et doit, avec les assureurs, renforcer son accompagnement auprès des collectivités territoriales », écrit-il.
Privée d’assurance, la ville de Denain, désormais dans l’illégalité, n’est plus disposée à organiser le moindre événement. L’argent commence à manquer, et la patience aussi. Face à ce constat, un rapport propose de créer un fonds « émeutes » sur le modèle du régime d’indemnisation des victimes de catastrophes naturelles ou d’attentats. Mais pas sûr que cela règle le fond du problème…
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