Emploi, petite enfance: Élisabeth Borne investit le terrain social

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La Première ministre Élisabeth Borne lors de sa visite dans une crèche, à Angers, le 1er juin 2023. (JEAN-FRANCOIS MONIER/AFP via Getty Images)
Von 1 juin 2023

Loin des débats houleux à l’Assemblée sur les retraites, Élisabeth Borne a présenté jeudi à Angers son plan pour la petite enfance en insistant sur « l’égalité des chances », son marqueur à Matignon où elle tente de se maintenir malgré les bourrasques, en poussant un peu la barre à gauche.

Depuis mai 2022, Élisabeth Borne s’est surtout distinguée en défendant des réformes plutôt marquées à droite comme la retraite à 64 ans. Mais cette femme, issue de la gauche, ancienne conseillère de Lionel Jospin, pupille de la Nation devenue Polytechnicienne, joue aussi une musique différente, plus marquée social démocrate.

Parler de petite enfance « c’est affirmer que la lutte contre les inégalités n’attend pas, qu’elles doivent être traitées dès les premiers mois de la vie », a-t-elle déclaré jeudi en conclusion d’un conseil national de la refondation (CNR).

Créer 200.000 places en crèche d’ici 2030

À Angers puis à Laval, elle veut lever les freins à l’emploi, comme la garde d’enfants, pour laquelle elle prévoit de créer 200.000 places en crèche d’ici 2030, et ce malgré la pénurie criante de personnels dans ce secteur. Développer des modes de garde, « c’est une barrière à l’emploi qui se lève, notamment pour les femmes. C’est l’assurance que chacun pourra bénéficier d’une solution d’accueil pour son enfant, quel que soit son revenu, quel que soit le lieu où il habite », a-t-elle fait valoir devant le CNR, où se tenaient au premier rang deux mères avec leurs bébés.

« On rêve d’avoir des enfants comme ça, complètement sages », avait-elle lancé auparavant dans une crèche à vocation d’insertion professionnelle, qui permet aux personnes en recherche d’emploi d’avoir une priorité et de bénéficier de plages horaires très larges.

Des gazouillis qui l’éloignent un temps de la bataille féroce engagée à l’Assemblée autour d’une proposition d’abrogation de la réforme des retraites. Cette dernière est d’ailleurs toujours la cible de quelques dizaines de manifestants rassemblés à proximité de la préfecture de Laval, où la Première ministre déjeune.

Réorganiser le service public de l’emploi

L’étape dans les Pays de la Loire, une région proche du plein emploi que le gouvernement promet à la France entière, vise pourtant à tourner la page de ce conflit et à présenter, outre le plan petite enfance, le projet de loi France Travail qui réorganise le service public de l’emploi, dans le cadre de la feuille de route qu’Emmanuel Macron lui a confiée d’ici le 14 juillet.

« J’ai une feuille de route et je m’y tiens », assure Élisabeth Borne dans Ouest-France, affirmant être rassérénée par la « confiance » que lui a renouvelée le chef de l’État. Elle relativise même les critiques qu’il a émises en plein Conseil des ministres à son égard sur l’extrême droite. Et qui ont relancé les spéculations sur son avenir.

Emmanuel Macron « a déclaré que s’il avait eu quelque chose à me dire, il l’aurait fait en tête à tête. Certains, manifestement, ont dû mal comprendre », dit-elle, en visant les propos rapportés du Conseil des ministres, qui viendraient de ministres rêvant de son départ, et issus plutôt de la droite.

Après avoir échappé de peu à la censure, et avoir été contredite sur le 49.3 ou la loi immigration, Élisabeth Borne entend bien se maintenir malgré les difficultés. Être Première ministre « c’est le privilège d’une vie politique. C’est l’occasion de changer les choses (…), de répondre aux défis du présent, tout en préparant l’avenir », assurait-elle le 17 mai juste après avoir soufflé sa première bougie à Matignon.

La durée de son bail rue de Varenne anime pourtant les conversations de la majorité. « Je ne vois pas comment on peut tenir encore avec Élisabeth Borne comme ça. Il y a une espèce d’ambiance générale où on sait qu’il va y avoir un remaniement, on est trop dans l’attente » et « du coup on n’avance pas », se lamente un parlementaire Renaissance. « La question qui se pose, c’est est-ce qu’on a envie de donner un vrai portage politique » aux projets du gouvernement, s’interroge de son côté un conseiller de l’exécutif.



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