Erasmus : l’Union européenne veut ouvrir le programme à des pays du Maghreb et du Proche-Orient

Dans le cadre de son nouveau « Pacte pour la Méditerranée », l’Union européenne a annoncé l’élargissement du programme Erasmus aux pays du Maghreb et du Proche-Orient, afin de renforcer les liens entre les jeunesses du Nord et du Sud de la Méditerranée. Derrière ce projet ambitieux, et dans un contexte où la question migratoire demeure au cœur des préoccupations, Bruxelles espère également consolider son influence dans une région de plus en plus convoitée. 
Titelbild
La présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen (à droite), et la haute représentante de l'Union européenne et vice-présidente chargée des affaires étrangères et de la politique de sécurité, Kaja Kallas (à gauche). (Photo de NICOLAS TUCAT/AFP via Getty Images)
Von 22 octobre 2025

Un document, daté du 16 octobre, prévoit l’ouverture du programme Erasmus+ à dix pays du sud et de l’est méditerranéens : Algérie, Maroc, Tunisie, Égypte, Liban, Israël, Jordanie, Libye, Syrie et territoires palestiniens, rapporte Le Figaro. Présenté conjointement par Ursula von der Leyen et la Haute Représentante pour les affaires étrangères Kaja Kallas, le nouveau dispositif entend faire de la Méditerranée « un environnement plus intégré et plus inclusif ».

« L’Europe et la Méditerranée ne peuvent exister l’une sans l’autre »

Ce pacte pour la Méditerranée reposera sur trois piliers : les peuples, l’économie, et le lien entre sécurité, préparation et migration. Une « nouvelle plateforme méditerranéenne sur l’enseignement supérieur » doit également voir le jour.

Le projet sera accompagné de la création d’une Université méditerranéenne, chargée de développer des diplômes et des programmes conjoints entre étudiants et établissements des deux rives de la Méditerranée.

D’après Politico, ce partenariat euro-méditerranéen s’inscrit dans le cadre d’un vaste plan d’investissement de 42 milliards d’euros. Ce budget, qui doublerait les financements actuels, vise à appuyer plus de 100 projets destinés à moderniser les infrastructures, tels que le soutien aux réseaux 5G ou « les liaisons ferroviaires, routières et maritimes, ainsi que les câbles sous-marins transportant des données entre nos nations », a indiqué Kaja Kallas.

Ursula von der Leyen a résumé l’esprit de cette initiative en une formule : « La vérité est que l’Europe et la Méditerranée ne peuvent exister l’une sans l’autre. »

« Faciliter la délivrance de visas »

L’un des axes majeurs du projet est la mobilité universitaire. La vice-présidente de la Commission, Dubravka Šuica, a détaillé les ambitions du programme, évoquant la volonté de « connecter les jeunes » à travers le continent. « Nous allons également intensifier les partenariats de talents avec le Maroc, la Tunisie et l’Égypte, et faciliter la délivrance de visas, en particulier pour les étudiants », a-t-elle annoncé lors d’une conférence de presse, ainsi que le rapporte Le Figaro.

L’objectif est aussi de promouvoir des voies de migration légale et qualifiée, « pour répondre aux besoins de main-d’œuvre de l’Europe », a encore précisé la vice-présidente de la Commission, une façon d’endiguer la migration irrégulière.

Dans un contexte de relations franco-algériennes tendues

Dans le même temps, l’Union européenne cherche à apaiser les tensions diplomatiques liées à sa gestion des flux migratoires, notamment après une polémique nationale concernant l’octroi de 8 351 visas étudiants à des ressortissants algériens, notent nos confrères.

Cette démarche s’inscrit également dans un contexte de relations franco-algériennes tendues : l’Algérie refuse de rapatrier ses ressortissants jugés dangereux ou condamnés, et l’écrivain Boualem Sansal ainsi que le journaliste Christophe Gleizes restent détenus malgré les appels du Quai d’Orsay.

Plus largement, en cherchant à rapprocher les jeunesses arabes et européennes, le Vieux Continent entend aussi contrer l’influence d’acteurs tiers. « Nous avons beaucoup à offrir à ces pays en termes de partenariat égalitaire. Nous sommes intéressés par une coopération dans les domaines de l’énergie, de la connectivité et des matières premières essentielles », a déclaré Kaja Kallas. « Notre proposition est bien plus positive que celle des autres acteurs géopolitiques, mais nous devons vraiment y travailler », a-t-elle ajouté, faisant allusion à la concurrence de la Chine et de la Russie dans la région, selon Politico.



Kommentare
Liebe Leser,

vielen Dank, dass Sie unseren Kommentar-Bereich nutzen.

Bitte verzichten Sie auf Unterstellungen, Schimpfworte, aggressive Formulierungen und Werbe-Links. Solche Kommentare werden wir nicht veröffentlichen. Dies umfasst ebenso abschweifende Kommentare, die keinen konkreten Bezug zum jeweiligen Artikel haben. Viele Kommentare waren bisher schon anregend und auf die Themen bezogen. Wir bitten Sie um eine Qualität, die den Artikeln entspricht, so haben wir alle etwas davon.

Da wir die Verantwortung für jeden veröffentlichten Kommentar tragen, geben wir Kommentare erst nach einer Prüfung frei. Je nach Aufkommen kann es deswegen zu zeitlichen Verzögerungen kommen.


Ihre Epoch Times - Redaktion