France: plus en paix avec les catholiques, Macron rend visite au pape mardi
Crise migratoire, chrétiens d’Orient, changement climatique… Emmanuel Macron sera reçu mardi matin par le pape François, avec lequel le président français devrait aborder plusieurs sujets brûlants, sur fond de détente dans les relations entre les catholiques et le sommet de l’Etat. Après cette audience au Vatican, M. Macron se rendra dans l’après-midi à Saint-Jean-de-Latran pour recevoir son titre de chanoine d’honneur de cette basilique qui est la cathédrale de l’évêque de Rome, donc du pape.
Cette distinction symbolique revient automatiquement au chef de l’Etat français, tradition qui remonte au roi Henri IV, même si le gaulliste Georges Pompidou et les socialistes François Mitterrand et François Hollande ne sont pas venus en prendre possession. « Il n’y a aucune dimension spirituelle. On peut choisir de la recevoir ou pas, ici le choix a été fait d’aller jusqu’au bout. Il n’y a pas d’enjeu de laïcité », glisse-t-on à l’Elysée, anticipant les critiques en France des défenseurs d’une stricte séparation entre les religions et la sphère publique.
En 2007, Nicolas Sarkozy avait saisi l’occasion pour prononcer une allocution faisant l’éloge du « curé » ou du « pasteur » par rapport à « l’instituteur » dans la « transmission des valeurs », suscitant une polémique à gauche. Emmanuel Macron, lui, a déclaré le 9 avril à la Conférence des évêques de France (CEF), vouloir « réparer » le « lien » entre l’Église et l’Etat, « abîmé » notamment depuis l’adoption du mariage homosexuel en 2013, et avait appelé les catholiques à s’investir dans la chose publique. La gauche avait critiqué une atteinte à la laïcité dans ce discours a contrario bien reçu dans les rangs de l’Eglise.
C’est dans ce contexte de dialogue pacifié que le pape reçoit Emmanuel Macron. Baptisé à 12 ans dans la foi catholique, l’ancien assistant du philosophe protestant Paul Ricœur se présente aujourd’hui en « agnostique » sensible à la « transcendance ». De quoi vont parler le premier pape issu de la compagnie de Jésus et l’ancien élève, justement, d’un lycée jésuite, où il a rencontré sa future épouse Brigitte, de 25 ans son aînée ?
« Tous les deux ont prononcé de vibrants plaidoyers sur l’Europe, ont des convictions affirmées sur les migrants, une vision de la contribution des religions dans la société, une préoccupation des chrétiens du Moyen-Orient et plus généralement de la paix dans le monde et des risques qu’elle encourt », observe le porte-parole de la CEF, Mgr Olivier Ribadeau Dumas. « Je crois qu’ils ont de quoi discuter pendant une demi-heure », durée habituelle des audiences papales, poursuit le prélat.
L’aide au développement et le réchauffement climatique pourraient aussi être évoqués, selon l’Elysée. Il est moins probable que la conversation s’étende à l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes, promesse de campagne du candidat Macron peu populaire dans l’Eglise. Le dossier des migrants, qui déchire l’Europe et sur lequel le pape François met en avant l’impératif évangélique de l’accueil, devrait être en tête de l’ordre du jour.
Juste avant sa rencontre avec le souverain pontife, Emmanuel Macron déjeunera en compagnie de la communauté catholique Sant’Egidio, cheville ouvrière de plusieurs « couloirs humanitaires » acheminant des exilés syriens en Europe. Dans la délégation présidentielle figurera la présidente du Secours catholique, Véronique Fayet, qui n’a pas ménagé ses critiques contre la politique migratoire de l’exécutif, jugée trop restrictive.
« Je pense que le pape n’en restera pas à une formule de politesse sur les migrants », prédit pour sa part l’ancien « curé des politiques » Matthieu Rougé, évêque nommé de Nanterre. Emmanuel Macron s’entretiendra aussi avec le cardinal secrétaire d’Etat, Pietro Parolin, avant une rencontre avec la communauté française et une conférence de presse. Il devrait profiter de son audience au Saint-Siège pour inviter le pape en France, comme l’avait fait son prédécesseur, en vain. Mais si un voyage est aujourd’hui « envisagé » selon le président de la CEF Georges Pontier, la France ne semble pas faire partie des priorités du pape argentin.
DC avec AFP
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