François Bayrou s’élève contre la censure de la loi sur les langues régionales et dénonce une « situation explosive »
Dans une interview à L’Express, le président du Modem et maire de Pau, François Bayrou, s’est élevé contre la décision du Conseil constitutionnel de censurer les dispositions de la loi Molac sur les langues régionales.
Le Conseil constitutionnel a retoqué partiellement vendredi la proposition de loi en faveur des langues régionales avec la censure de l’« enseignement immersif » et de l’utilisation de signes diacritiques.
« Rayer d’un trait de plume les décennies d’efforts réalisés pour transmettre ces langues qui appartiennent au patrimoine linguistique français est inconséquent, sans précédent et dangereux », a déclaré le 24 mai à l’hebdomadaire M. Bayrou, qui estime que « le Président de la République doit s’emparer de cette question ».
« Alerte gravissime » a prévenu le maire de Pau sur Twitter. « Si le sens de la décision du Conseil constitutionnel est de mettre en cause le principe des écoles Diwan, ikastolas, calendrettas, bressaola, etc., alors la situation sera explosive ».
Langues régionales, alerte gravissime ! Je n’emploie pas souvent des mots alarmistes, mais si le sens de la décision du Conseil constitutionnel est de mettre enl cause le principe des écoles Diwan, ikastolas, calendrettas, bressaola, etc., alors la situation sera explosive.
— François Bayrou (@bayrou) May 21, 2021
« Non » à la méthode immersive
Il dénonce le « contresens » fait par le Conseil Constitutionnel sur le texte de l’article 2 de la Constitution où il est écrit que « la langue de la République est le français ». Car « cette disposition n’était en rien dirigée contre les langues régionales et, en fait, elle ne visait que l’outrancière domination culturelle de l’anglais », rappelle-t-il.
Le Conseil « a tranché sur une question dont il n’était pas saisi, sans aucun préavis ni discussion d’aucune sorte et l’on voudrait faire de cette décision un oukase ? Cela ne se fera pas », clame-t-il.
En interdisant la méthode immersive dans l’enseignement public, il l’interdit aussi dans toutes les écoles sous contrat d’association. « Le risque est que n’importe quel recours sur la base de cette décision du Conseil constitutionnel peut condamner à mort ces écoles », soutient M. Bayrou, défenseur notamment du béarnais, parlé dans son département.
Préparée par le député breton d’opposition Paul Molac, la proposition de loi « relative à la protection patrimoniale des langues régionales et à leur promotion » est une première depuis 70 ans.
Incroyable ! Le conseil constitutionnel censure l’enseignement par immersion et l’usage des signes diacritiques en #languesregionales car contraire à l’article 2. Je réclame en urgence un projet de loi constitutionnel pour modifier cet article.
— Paul Molac (@Paul_Molac) May 21, 2021
« Ils ne laisseront pas faire cela, et moi non plus ! »
Il dénonce une « situation explosive », « car si l’on croit que les dizaines de milliers de parents et d’enseignants qui se battent pour ces écoles depuis 50 ans vont se laisser faire, on se trompe. (…) Ils ne laisseront pas faire cela, et moi non plus ! »
M. Bayrou « sera au premier rang de ceux qui diront : De quel droit interdire une pédagogie qui existe depuis des décennies, qui a fait ses preuves et qui a trouvé un cadre légal accepté par tous ? », dit-il.
« Si la Constitution doit être changée, les parlementaires ont les moyens de la changer », assure M. Bayrou qui estime qu’« on peut trouver une majorité sur ce point dans les deux assemblées (…) et atteindre la majorité des trois cinquièmes au Congrès », même à moins d’un an de la présidentielle.
Des millions de Français ne l’accepteront pas, jamais, et j’en serai. #sauverleslanguesrégionales
— François Bayrou (@bayrou) May 21, 2021
La « loi Molac » avait été adoptée par le Parlement le 8 avril après un vote surprise de l’Assemblée qui avait fait fi des oppositions du gouvernement. En toile de fond : la campagne des élections régionales de juin, où la promotion des langues et cultures régionales est jugée populaire.
Contre le choix du Premier ministre Jean Castex et des groupes majoritaires, la saisine du Conseil constitutionnel à titre individuel, par 61 députés de la majorité, avait suscité de vives tensions parmi les élus « marcheurs ».
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