Quand le froid révèle les limites de la production énergétique

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La fermeture de la centrale de Fessenheim fait toujours débat, la dépendance de la France au nucléaire repousse sans cesse la date de sa fermeture. (LOIC VENANCE/AFP/Getty Images)
Von 23 janvier 2017

Depuis la semaine dernière, une vague de froid « exceptionnelle » réveille la question de la dépendance de la France vis-à-vis du nucléaire. La France est le seul pays au monde dont plus de 75% de la production électrique est assurée par l’industrie nucléaire. Avec son parc de réacteurs de plus en plus vétuste, la question de la pérennité du système fait de nouveau débat.

La ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer Ségolène Royal a rassuré la population en annonçant qu’il n’y aurait pas de coupure d’électricité, malgré une vague de froid de forte intensité et l’arrêt de plusieurs réacteurs. Suite à la réunion gouvernementale sur le grand froid, la ministre a déclaré : « Malgré l’indisponibilité de six réacteurs nucléaires, il n’y aura pas de coupure d’électricité […] Aujourd’hui, avec les très bonnes conditions météorologiques, les énergies renouvelables, l’éolien et le solaire, vont produire l’équivalent de huit réacteurs nucléaires, soit huit gigawatts ». Elle a salué au passage l’efficacité du « nouveau système énergétique français de la loi de transition énergétique » qui permet de résister aux imprévus, notamment en cas de vagues de froid.

Pourtant en prévision du froid, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a approuvé le 12 janvier dernier, un report de deux semaines de l’arrêt prévu pour le réacteur n°2 de la centrale nucléaire du Tricastin. De plus, dans une décision rendue publique le 17 janvier, l’ASN a également autorisé EDF à reporter l’arrêt du réacteur n°1 de Civaux, normalement prévu pour le 18 et le redémarrage rapide du réacteur n°2. Selon l’agence, le fonctionnement d’au moins un réacteur de la centrale de Civaux jusqu’à la fin du mois de février permettrait de réduire les risques d’une panne électrique. En effet, la direction générale de l’énergie et du climat s’était inquiétée « des risques pour la sécurité de l’alimentation électrique de la zone Nord-Ouest en cas de vague de froid intense », quelque temps auparavant.

Les énergies renouvelables, l’éolien et le solaire, peuvent produire l’équivalent de huit réacteurs nucléaires. »

Selon Stéphane Lhomme, directeur de l’association Observatoire du nucléaire, EDF aurait subi des pressions venant d’ASN : « Voyant venir la vague de froid, EDF a fait tout son possible pour faire redémarrer ses réacteurs le plus vite possible ». L’Observatoire du nucléaire avait par ailleurs déposé un recours contre le redémarrage autorisé de trois réacteurs, moyennant quelques « mesures conservatoires », ce qui a alerté l’Observatoire qui craint que ces « mesures conservatoires » ne deviennent « des mesures d’exploitation à part entière ».

Tout n’est donc pas si beau dans le jardin de la transition énergétique. L’année dernière a notamment était marquée par les défauts constatés sur les réacteurs nucléaires, d’où un nombre de fermetures supérieur à la moyenne en fin d’année. Avec un parc de centrales vieillissant, dont la durée de vie ne cesse d’être allongée, l’installation de nouvelles sources de production est plus qu’une nécessité. Si on prend les centrales thermiques (classiques et nucléaires), elles totalisent plus de 82% de la production nationale d’électricité. Il reste 18% de production, dont 11% proviennent de barrages hydrauliques (dont la construction prochaine n’est pas programmée et rencontre de toute façon une vive opposition) et un timide 6% de l’électricité produite par les énergies renouvelables assujetties à la météo. Avec une progression de 5% des énergies renouvelables en 2016, l’objectif politique de 2023 reste difficile à atteindre.



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