Gestion de la pandémie du Covid-19 : Agnès Buzyn convoquée devant la Cour de justice de la République pour une possible mise en examen

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Agnès Buzyn ex-ministre de la Santé. (Photo : LUCAS BARIOULET/AFP via Getty Images)
Von 9 septembre 2021

L’ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn, qui avait démissionné en 2020 au début de l’épidémie de Covid-19, est convoquée vendredi 10 septembre à la Cour de justice de la République (CJR) en vue d’une possible mise en examen.

Cette convocation à la CJR, seule juridiction habilitée à juger des ministres dans l’exercice de leur fonction, a lieu dans le cadre de l’enquête menée depuis juillet 2020 sur la manière dont le gouvernement a géré la pandémie, a appris ce jeudi l’agence France Presse (AFP) de source judiciaire, confirmant une information du Monde.

À l’issue de cette audition, Mme Buzyn peut être mise en examen ou ressortir sous le statut plus favorable de témoin assisté, si elle parvient à convaincre les juges qu’il n’existe pas suffisamment d’indices graves ou concordants pouvant être retenus contre elle.
Au tout début de l’épidémie du Covid-19, l’ex-ministre de la Santé avait quitté le gouvernement mi-février 2020 et avait été remplacée par Olivier Véran.

« Mise en danger de la vie d’autrui »

Agnès Buzyn avait créé un tollé en qualifiant les élections municipales de « mascarade » et en déclarant qu’elle « savait que la vague du tsunami était devant nous » au moment de son départ du ministère, à la mi-février. Pourtant, en janvier, elle avait déclaré publiquement : « les risques de propagation du coronavirus dans la population sont très faibles », reconnaissant que cette analyse pouvait « évoluer ».

Devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la gestion de la crise sanitaire, Agnès Buzyn avait indiqué fin juin 2020 avoir alerté l’Élysée et Matignon dès janvier de la même année sur le « danger » potentiel du coronavirus.

L’enquête avait été ouverte en juillet 2020 après que la commission des requêtes de la CJR, composée de hauts magistrats, avait estimé que neuf plaintes visant l’exécutif étaient recevables. Depuis, d’autres plaintes ont été jugées recevables et jointes à l’enquête.

La commission d’instruction de la CJR avait été saisie de la seule infraction « d’abstention de combattre un sinistre » mais, d’après Le Monde, Agnès Buzyn est également convoquée vendredi pour une possible mise en examen pour « mise en danger de la vie d’autrui ».

Des milliers de plaintes

Mercredi, le procureur général près la Cour de cassation François Molins, qui représente l’accusation à la CJR, a déclaré que « 14.500 plaintes » sur la gestion de la pandémie étaient arrivées à la CJR. Des juges d’instruction parisiens mènent en parallèle une enquête portant cette fois sur la gestion de cette crise par l’administration.

 



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