Hauts-de-France : du retard dans les dépistages du cancer en raison du Covid, une hausse des décès est à craindre

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Centre régional de cancérologie Oscar Lambret à Lille. (PHILIPPE HUGUEN/AFP via Getty Images)
Von 24 janvier 2021

En raison de la crise du coronavirus, les dépistages du cancer ont été largement mis de côté dans les Hauts-de-France. Le retard pris est considérable en 2020, ce qui ne sera pas sans conséquences ultérieures sur la santé des patients.  

Des chiffres jugés « alarmants », nous indique le Centre hospitalier Oscar Lambret (COL) de Lille, qui parle d’un total de 23 000 mammographies non effectuées, le COL étant spécialisé dans la lutte contre le cancer dans les Hauts-de-France. En 2020, « le cancer a été moins visible et moins estimé comme une priorité », déplore Éric Lartigau, directeur général du COL.

Le Centre hospitalier constate en effet une baisse globale du nombre de patients pris en charge de 4 % concernant les services de gynécologie et de sénologie. Et quant aux nouveaux patients, leur nombre a également chuté de 7 % en gynécologie et 8 % en sénologie, nous détaille Actu.fr.

D’après le directeur général, ces retards pourraient être la cause de décès dans un futur plus ou moins proche. « Si rien n’est fait dès ce début d’année, on pourrait craindre près de 6 000 décès supplémentaires dans les prochaines années », estime le directeur, ainsi que le rapporte encore Actu.fr. Beaucoup de patients « ne sont pas venus en consultation » et de ce fait, « beaucoup de dépistages n’ont pas été effectués », explique-t-il.

« Les patients ont eu peur d’accéder à des établissements de santé, à cause de la maladie et des possibilités de contamination », renchérit le directeur général du COL, qui affirme qu’ « aujourd’hui les mesures barrières sont en place », relate France 3 Hauts-de-France. « Nous sommes encore dans une dynamique où nous pourrions rattraper le retard pris », avance malgré tout Éric Lartigau.

Il est à noter que les chiffres antérieurs à la crise sanitaire montraient que seulement une femme sur deux se faisait dépister pour le cancer du sein, un chiffre relativement faible pour ce milieu médical spécifique.

Tous ces facteurs ont entraîné un stade plus avancé de la maladie chez les personnes prises en charge. Le professeur Éric Lartigau énonce que « le dépistage, la consultation et les soins restent possibles », souligne encore France 3 Hauts-de-France.

Éric Lartigau est cependant sceptique sur un retour à la normale rapide. « Je crains qu’on ne retourne à la normale avant l’année prochaine. On ne peut pas attendre que la pandémie passe pour assurer aux patients qu’il est important de se faire dépister », confie-t-il encore, ajoutant que le retard de 2020 « ne doit pas devenir un enjeu de santé public avec une perte de chance pour nos patients », conclut Actu.fr.

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