Hong Kong n’a pas oublié ses parapluies
Des milliers de partisans des trois jeunes leaders emprisonnés de la « révolte des parapluies », le vaste mouvement prodémocratie de l’automne 2014 à Hong Kong, ont manifesté dimanche dans la mégapole pour réclamer la « libération de tous les prisonniers politiques ».
Joshua Wong, Nathan Law et Alex Chow ont été respectivement condamnés jeudi en appel à des peines de six, huit et sept mois d’emprisonnement pour leur rôle dans un rassemblement précurseur au mouvement des parapluies.
En première instance, ils avaient écopé de travaux d’intérêt général ou de sursis mais le gouvernement, aligné sur Pékin, avait fait appel de leur sentence. Les défenseurs des droits dénoncent « une persécution politique ».
Aux yeux de leurs soutiens, ces condamnations sont une preuve supplémentaire que Pékin renforce sa mainmise sur l’ancienne colonie britannique revenue dans son giron en 1997.
Les manifestants de tous âges ont bravé la chaleur humide de l’été hongkongais pour se rendre devant la Cour d’appel au coeur de l’île de Hong Kong.
« Libérez tous les prisonniers politiques », « désobéissance civile, aucun regret », scandaient-ils.
William Cheung, un ingénieur d’une quarantaine d’années, a déclaré que l’arrêt de la Cour d’appel marquait « le début de la terreur » à Hong Kong.
« Ces jeunes gens sont notre espoir pour l’avenir. Nous ne devons pas les traiter comme cela », dit Jackson Wai, septuagénaire, les larmes aux yeux.
Pour Anne Lee, une étudiante de 19 ans, le gouvernement « veut intimider les gens pour les empêcher de participer à des actions de résistance. Ils veulent nous faire encore plus peur ».
Lors du rassemblement pour lequel ils ont été condamnés, le 26 septembre 2014, les manifestants avaient escaladé des barrières métalliques et étaient entrés dans Civic Square, une place située dans un complexe gouvernemental.
Cette action avait déclenché des manifestations plus importantes; et deux jours plus tard débutait le mouvement prodémocratie de masse, quand la police avait tiré du gaz lacrymogène dans la foule qui s’était protégée à l’aide de parapluies.
Pendant plus de deux mois, des centaines de milliers de Hongkongais avaient paralysé des quartiers entiers de la mégapole pour réclamer l’instauration d’un véritable suffrage universel. Mais Pékin n’avait pas reculé d’un pouce.
D’après les termes de l’accord sino-britannique sur la rétrocession, Hong Kong jouit de libertés inconnues ailleurs en Chine continentale, en vertu du principe « Un pays, deux systèmes », en théorie jusqu’en 2047.
Il semble que le mécanisme visant à réduire les libertés à Hong Kong mis en marche par Pékin soit difficile à arrêter.
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