Violences confessionnelles, pouvoir mis en cause, frappes israéliennes… que se passe-t-il en Syrie ?

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Les forces armées du gouvernement syrien sont sur les lieux alors que les conflits s'intensifient entre elles et les Druzes à Sahnaya, en Syrie le 30 avril 2025. (MOHAMAD DABOUL/Middle East Images/AFP via Getty Images)
Von 2 mai 2025

Israël a mis vendredi sa menace à exécution contre la Syrie en bombardant les abords du palais présidentiel à Damas après que le chef de la minorité druze, protégée par le pouvoir israélien, eut accusé le pouvoir du nouveau Président syrien Ahmad al-Chareh de « génocide ».

Le plus influent chef religieux druze en Syrie, cheikh Hikmat al-Hajrin, venait de dénoncer jeudi soir une « campagne génocidaire injustifiée » visant des « civils » de sa communauté, après des affrontements confessionnels en début de semaine qui ont fait plus de 100 morts selon une ONG.

Le chef religieux druze alors réclamé « une intervention immédiate de forces internationales » et Israël – voisin de la Syrie avec laquelle il est en état de guerre et qui a pris fait et cause pour les Druzes – avait aussitôt menacé de répondre « avec force » si Damas ne protégeait pas cette minorité religieuse.

« Un message clair envoyé au régime syrien »

Quelques heures après, à l’aube vendredi, « des avions de combat ont frappé les environs du palais » présidentiel à Damas, a annoncé l’armée israélienne sur Telegram.

« C’est un message clair envoyé au régime syrien. Nous ne permettrons pas que des forces (syriennes) soient dépêchées au sud de Damas ou menacent de quelque manière que ce soit la communauté druze », ont martelé dans un communiqué, publié en anglais par le journal Times of Israel, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et son ministre de la Défense Israël Katz.

Un avion de chasse israélien tire une roquette alors qu’il survole une zone proche de la capitale syrienne Damas, le 30 avril 2025. Les médias d’État syriens ont déclaré qu’Israël avait mené des frappes le 30 avril, à l’extérieur de Damas. (BAKR ALKASEM/AFP via Getty Images)

Des heurts à proximité et au sud de Damas entre combattants druzes et groupes armés liés au pouvoir sunnite du Président Ahmad al-Chareh illustrent l’instabilité persistante en Syrie, près de cinq mois après le renversement de son prédécesseur Bachar al-Assad, issu de la minorité alaouite.

« Nous ne faisons plus confiance à une entité qui prétend être un gouvernement. (…) Un gouvernement ne tue pas son peuple en recourant à ses propres milices extrémistes, puis, après les massacres, en prétendant que ce sont des éléments incontrôlés », avait dénoncé le cheikh druze.

Assaad al-Chaibani, chef de la diplomatie du nouveau pouvoir à Damas, a rétorqué sur X que « tout appel à une intervention étrangère, sous quelque prétexte ou slogan que ce soit, mènera à une détérioration de la situation et à davantage de divisions ».

Paris condamne « les violences confessionnelles meurtrières à l’encontre des Druzes »

L’ONU a exhorté « toutes les parties à faire preuve d’un maximum de retenue » et la diplomatie américaine a fustigé « les dernières violences et la rhétorique incendiaire » antidruzes « répréhensibles et inacceptables ».

Les États-Unis ont condamné jeudi les violences contre la communauté druze en Syrie, parlant d’actes « répréhensibles et inacceptables ».

« Les violences récentes et la rhétorique incendiaire visant les membres de la communauté druze en Syrie sont répréhensibles et inacceptables », a déclaré Tammy Bruce, porte-parole du département d’État, dans un communiqué. « Les autorités intérimaires doivent faire cesser les combats, tenir les auteurs de violences et de dommages aux civils responsables de leurs actes et assurer la sécurité de tous les Syriens », a-t-elle ajouté.

Un véhicule détruit à Ashrafiyat Sahnaya près de Damas le 1er mai 2025. Le chef spirituel des Druzes syriens, le cheikh Hikmat al-Hijri, a condamné le 1er mai ce qu’il a appelé une « campagne génocidaire » contre son peuple, après deux jours d’affrontements sectaires meurtriers. (OMAR HAJ KADOUR/AFP via Getty Images)

La France a condamné jeudi « les violences confessionnelles meurtrières à l’encontre des Druzes en Syrie » et a appelé l’ensemble des acteurs syriens et régionaux, dont Israël, à l’arrêt des affrontements, dans une déclaration du ministère des Affaires étrangères.

« La France appelle l’ensemble des acteurs syriens et régionaux à l’arrêt des affrontements et invite les autorités syriennes à tout mettre en œuvre pour rétablir le calme », selon la déclaration, qui appelle aussi « Israël à ne pas conduire d’actions unilatérales susceptibles d’aggraver les tensions communautaires en Syrie ».

Une attaque de groupes armés affiliés au pouvoir

Des combats cette semaine à Jaramana et Sahnaya, où vivent des chrétiens et des Druzes, ainsi qu’à Soueïda, ville à majorité druze, ont réveillé le spectre des massacres qui avaient fait début mars plus de 1700 morts, en grande majorité des membres de la minorité alaouite, dans l’ouest du pays.

Mercredi déjà, l’armée israélienne avait frappé près de Damas, en forme « d’avertissement » contre un « groupe extrémiste qui se préparait à attaquer la population druze de la ville de Sahnaya », selon M. Netanyahu.

Les Druzes sont une minorité de l’islam chiite. Ses membres sont répartis entre le Liban, la Syrie et Israël. « Nous sommes une partie inaliénable de la Syrie », a souligné un porte-parole du rassemblement des autorités religieuses, chefs traditionnels et groupes armés druzes à Soueïda, ajoutant que la communauté rejetait « toute division » du pays.

Les combats en Syrie ont été déclenchés lundi soir par une attaque de groupes armés affiliés au pouvoir contre Jaramana, après la diffusion sur les réseaux sociaux d’un message audio attribué à un Druze et jugé blasphématoire à l’égard du prophète Mahomet. L’AFP n’a pas pu vérifier l’authenticité du message.

Les autorités syriennes ont accusé des éléments échappant à son contrôle d’avoir provoqué les violences.

Un membre des forces de sécurité syriennes vérifie un véhicule à un poste de contrôle à Ashrafiyat Sahnaya, près de Damas, le 1er mai 2025. (OMAR HAJ KADOUR/AFP via Getty Images)

Un bilan de 102 morts dont 11 civils

Selon un bilan de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), ces affrontements ont fait 102 morts, dont 30 membres des forces de sécurité et combattants affiliés, 21 combattants druzes et 11 civils à Jaramana et Sahnaya. Dans la province de Soueïda, 40 combattants druzes ont péri, dont 35 dans une embuscade, d’après l’ONG.

À Jaramana, des accords entre représentants des Druzes et du pouvoir avaient permis de rétablir le calme mardi soir, de même mercredi soir à Sahnaya à 15 km au sud-ouest de Damas où des forces de sécurité ont été déployées.

Et le pouvoir syrien avait réaffirmé son « engagement ferme à protéger toutes les composantes du peuple syrien, y compris la communauté druze ».

Dès la chute de Bachar al-Assad le 8 décembre, renversé par une coalition de factions rebelles islamistes dirigée par M. Chareh après plus de 13 ans de guerre civile, Israël a multiplié les gestes d’ouverture envers les Druzes, cherchant, selon l’analyste indépendant Michael Horowitz, à se ménager des alliés dans le sud syrien à un moment où l’avenir de ce pays reste incertain.



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