Chine : la ville de Wuhan en quarantaine, au cœur de la mystérieuse épidémie

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Des voyageurs portant des masques de protection font la queue dans le hall de départ de la gare de West Kowloon à Hong Kong le 23 janvier 2020. (Photo : Philip FONG / AFP) (Photo by PHILIP FONG/AFP via Getty Images)
Von 23 janvier 2020

La Chine décide d’utiliser les grands moyens contre le nouveau coronavirus qui a commencé à se répandre dans le reste du monde, mettant de facto en quarantaine à compter de ce jeudi la métropole de Wuhan, au cœur de l’épidémie.

Depuis 10H00 locales (2H00 GMT), plus aucun train ni avion ne doit en principe quitter la cité de 11 millions d’habitants située en plein centre de la Chine.

La ville des bords du Yangtsé est au cœur de l’épidémie qui depuis décembre a contaminé plus de 500 personnes et fait 17 morts, selon un dernier bilan communiqué mercredi soir. Toutes les personnes décédées ont succombé à Wuhan ou dans sa région.

« Les habitants ne doivent pas quitter Wuhan sans raison spécifique », a annoncé le Quartier général chargé de la lutte contre l’épidémie au niveau municipal. Cette décision est prise afin « d’enrayer efficacement la propagation du virus », a-t-il expliqué, alors que la Chine s’apprête à entrer vendredi dans son long congé du Nouvel an, qui occasionne chaque année des centaines de millions de voyages.

Les passagers qui sont arrivés sur l’un des derniers vols en provenance de la ville chinoise de Wuhan passent par un poste de contrôle sanitaire à l’aéroport de Narita dans la préfecture de Chiba, près de Tokyo, le 23 janvier 2020. (Photo : CHARLY TRIBALLEAU/AFP via Getty Images)

Manque de carburant dans des stations-services

La décision ayant été annoncée pendant la nuit, les habitants de Wuhan (prononcer « Wou-ranne », ndlr) n’ont pas pu planifier un éventuel départ. En début de matinée, il restait possible de quitter la ville en voiture, selon un reporter du site internet d’information The Paper.

Aux sorties autoroutières de la ville, des policiers stoppaient certains véhicules afin de prendre la température corporelle des occupants, selon cette source. Des queues se formaient devant certaines stations-service, tandis que beaucoup d’autres étaient à court de carburant.

Transports publics à l’arrêt

Il était encore possible de gagner la ville par le train ou en avion, même si de nombreux vols étaient supprimés. Mais à l’intérieur même de Wuhan, les transports publics étaient à l’arrêt et les festivités du Nouvel An ont été annulées.

La mairie a aussi imposé le port du masque respiratoire, que la plupart des habitants avaient de toute façon commencé à arborer depuis le début de la semaine.

Des mesures « très, très fortes »

À Genève, le directeur de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a salué les mesures « très, très fortes » prises par la Chine, estimant qu’elles allaient « diminuer » les risques de propagation hors de ses frontières. Ces mesures sont intervenues au moment où l’OMS avait réuni son comité d’urgence pour décider si le nouveau virus constituait une « urgence de santé publique de portée internationale ».

Les experts n’étant pas parvenus à se mettre d’accord sur la question, le directeur de l’OMS a décidé de poursuivre la réunion jeudi à partir de 11H00 GMT

Washington félicite Pékin de sa décision

À Washington, un porte-parole du Département d’État a souligné les « signes encourageants qui montrent que le gouvernement chinois a compris la gravité de ce problème ».

Le virus de la famille du Sras a gagné plusieurs pays d’Asie et même les États-Unis, où quelques cas ont été recensés. Les contrôles de température corporelle se sont généralisés dans plusieurs aéroports d’Asie, du pourtour du Pacifique ainsi qu’au Royaume-Uni, au Nigeria et en Italie.

Le branle-bas de combat a commencé lorsqu’un scientifique chinois a admis que la transmission du virus pouvait se faire d’humain à humain et pas seulement de l’animal à l’homme.



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