L’avenir de la Catalogne vu par un professeur de l’université de Barcelone

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Le Premier ministre Mariano Rajoy lors d'une déclaration à la presse le 1er octobre 2017 à Madrid. "Rajoy gagne du temps et place Puigdemont dos au mur." (Pablo Blazquez Dominguez/Getty Images)
Von 11 octobre 2017

 Q : Qu’ont fait exactement le président Carles Puigdemont et ses alliés indépendantistes, mardi, au parlement catalan?

R : On ne le sait pas très bien! Ils ont fait une déclaration unilatérale d’indépendance, en même temps ils l’ont congelée mais ils ne l’ont pas vraiment faite puisque le parlement ne l’a pas votée… En fait, le président et le gouvernement catalans ont essayé de contenter différentes factions du bloc indépendantiste (…) qui ne veulent pas la même chose: une partie qui est d’accord pour aller directement à une déclaration unilatérale d’indépendance (DUI) à tout prix et une autre partie qui, devant l’imminence d’une DUI qui allait comporter des conséquences inévitables, a préféré arrêter. Ils ont envoyé un double message: dans le bloc indépendantiste, à ceux qui avaient très peur de la DUI, ils ont dit « très bien, nous ne l’assumons pas » et à la communauté internationale et à l’Union européenne, ils ont dit que le gouvernement catalan est prêt à négocier.

Q: Quelle a été la réponse du chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy?

R : Puigdemont avait envoyé la balle dans le camp du gouvernement Rajoy et le gouvernement espagnol la lui a renvoyée. Rajoy s’est montré pondéré mercredi de la même façon que Puigdemont l’avait été mardi. Le temps mort qu’a demandé l’indépendantisme, Rajoy en quelque sorte l’a assumé. Mais il oblige Puigdemont à préciser ce qu’il a fait et le met dans une situation difficile: contenter un des deux groupes qui composent l’indépendantisme et pas l’autre. Rajoy gagne du temps et place Puigdemont dos au mur.

Q: Quelle serait l’effet en Catalogne d’une suspension de son autonomie?

R : Le gouvernement aurait la possibilité d’assumer les compétences de la région autonome, y compris en prenant le contrôle de la police autonome et même en dissolvant le parlement régional et en organisant de nouvelles élections. Mais la suspension de l’autonomie provoquerait une réaction clairement majoritaire de la population catalane en défense de ses institutions. Cela pourrait provoquer un renforcement du groupe indépendantiste, du sentiment indépendantiste, et les indépendantistes le savent très bien. Si le gouvernement décide de suspendre l’autonomie de la région et d’arrêter le président catalan, cela peut même aboutir à des chocs violents, citoyens contre forces de l’ordre. Il existe aussi l’hypothèse qu’une partie ou l’ensemble de la police autonome catalane se mette du côté du gouvernement catalan et des institutions catalanes. Cela pourrait aboutir à un choc entre des polices qui répondraient chacune à un gouvernement différent: on entrerait dans un scénario absolument indescriptible dont je ne sais pas où il nous mènerait.

(Propos recueillis par Guillaume Bonnet et Laurence Boutreux)



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