Le changement climatique va-t-il nous priver de café ?

Titelbild
Plus de 2 milliards de tasses de café sont bues chaque jour dans le monde. (Katya Austin/Unsplash)
Von 20 décembre 2017

Le café, bientôt une denrée rare ? En Amérique latine, le réchauffement climatique pourrait réduire les surfaces de production de café de 88 % au pire d’ici à 2050, pouvait-on lire dans un récent article des Échos, qui s’appuyait sur une étude de l’Académie des sciences américaine parue en août dernier.

De produit exotique, le café est devenu une denrée mondiale, avec un peu plus de 2 milliards de tasses du breuvage noir bues chaque jour dans le monde. Ces dernières années, la demande a fortement évolué : si l’Europe pèse encore pour un tiers de la consommation mondiale, la Chine a augmenté sa consommation de 16 % par an sur la dernière décennie.

Pression sur les pays producteurs
Au Canada, la consommation reste stable et concerne plus de 90 % des adultes. En France, le marché continue de progresser, entraîné notamment par l’apparition des dosettes individuelles.

De nombreuses études médicales ayant suggéré que la prise de café avait des effets positifs sur la santé, la consommation devrait donc rester stable, accentuant la pression sur les pays producteurs.

Mais de nombreux experts s’accordent aujourd’hui sur le fait que le changement climatique pourrait gravement affecter la production dans les 80 prochaines années. D’ici à 2100, près de la moitié des terres destinées à cette culture pourraient être ainsi perdues.

2017, une année record
Le café est, après le pétrole, la marchandise la plus commercialisée au monde. Ses graines sont cultivées dans plus de soixante pays, permettant de faire vivre environ 25 millions de familles de petits producteurs, principalement au Brésil, au Vietnam et en Colombie.

2017 qui s’achève fait déjà figure d’année record, avec une production de plus 153 millions de sacs de café (de 60 kilos chacun). Le prix s’en est ressenti avec une légère baisse de l’arabica en bourse en cette fin d’année.

Les récoltes auront bénéficié d’un climat favorable et de pluies abondantes au Brésil. Mais pour encore combien de temps ?

Tri des grains dans les ateliers de l’exportateur de café Ambassa à Addis-Abeba (Éthiopie). (DFID/UK Department for International Development, CC BY)

L’Éthiopie, en première ligne
La hausse des températures cumulée aux déplacements des pluies pourrait en effet ruiner les terres arables, sans compter les menaces usuelles, ravageurs et maladies. Selon le rapport publié par l’Académie nationale des sciences des États-Unis, rien qu’en Amérique latine, la quasi-totalité des terres (90 %) serait concernée. Et L’Éthiopie, sixième producteur de café au monde, pourrait perdre 60 % de sa production d’ici à 2050.

Or de très nombreux exploitants ne sont pas en mesure de se protéger efficacement contre ces différentes menaces.

Baisse de qualité
La hausse des températures affectera par ailleurs la qualité du café. Les grains doivent en effet bénéficier d’un climat particulier (en dessous de 35 °C et au-dessus de 10 °C). L’arabica (qui représente 75 % de la production mondiale) connaît déjà des conditions limite.

Pour toutes ces raisons, notre relation à la consommation de café pourrait complètement changer. Si les pays producteurs développent aujourd’hui de nouvelles méthodes plus respectueuses de l’environnement, les pays consommateurs ont eux aussi leur rôle à jouer ; et compte tenu de l’évolution du climat, le Canada pourrait peut-être un jour produire son propre café. Après tout, si Elon Musk pense que l’humain peut coloniser Mars d’ici à 2022, pourquoi ne pourrions-nous pas faire pousser des caféiers en Amérique du Nord ?

En attendant, si l’on vous offre une tasse de café, n’hésitez pas. Bientôt, ce sera un produit de luxe.

Sylvain Charlebois, Professor in Food Distribution and Policy, Dalhousie University

La version originale de cet article a été publiée sur The Conversation.



Kommentare
Liebe Leser,

vielen Dank, dass Sie unseren Kommentar-Bereich nutzen.

Bitte verzichten Sie auf Unterstellungen, Schimpfworte, aggressive Formulierungen und Werbe-Links. Solche Kommentare werden wir nicht veröffentlichen. Dies umfasst ebenso abschweifende Kommentare, die keinen konkreten Bezug zum jeweiligen Artikel haben. Viele Kommentare waren bisher schon anregend und auf die Themen bezogen. Wir bitten Sie um eine Qualität, die den Artikeln entspricht, so haben wir alle etwas davon.

Da wir die Verantwortung für jeden veröffentlichten Kommentar tragen, geben wir Kommentare erst nach einer Prüfung frei. Je nach Aufkommen kann es deswegen zu zeitlichen Verzögerungen kommen.


Ihre Epoch Times - Redaktion