Pissevin, un quartier «trop chaud»: après la mort par balles d’un enfant à Nîmes, des habitants témoignent
La peur au quotidien et le désir de quitter un quartier devenu « trop chaud » : après la mort d’un enfant de dix ans lundi à Nîmes, victime collatérale d’une fusillade sur fond de trafic de drogues, plusieurs habitants du quartier populaire de Pissevin témoignent.
« Ici, ça a changé, mais pas du bon côté », explique un commerçant présent dans le quartier depuis 1970, souhaitant ne pas dévoiler son identité « pour ne pas avoir d’ennuis ». « À l’époque, c’était un rêve d’habiter ici. On jouait au ballon, on était mélangés, même s’il y avait des bagarres. Maintenant, ça va au-delà des coups de poing », ajoute ce commerçant de 60 ans selon qui, « si elle le voulait, la police pourrait mettre le holà en deux jours ». « Il y a beaucoup d’enfants livrés à eux-mêmes, de couples divorcés. »
Des habitants se déplacent avec leurs pistolets
« Le quartier, c’est mauvais. Ils vendent le shit, ici, et à cause de ça ils font n’importe quoi », regrette Ahamada Ibourou, né aux Comores en 1956, en expliquant que des habitants de Pissevin et du quartier voisin de Valdegour « montent et descendent avec des pistolets ». « Moi, j’ai peur. Ils tirent comme des animaux, c’est pas bon. À 21h00, je ne sors plus dehors », poursuit cet homme de 66 ans, chapeau de paille sur la tête, en se rendant au bureau de poste situé au pied de la cité.
« Le quartier, il est trop chaud. Je ne laisse pas les enfants ici et je gare ma voiture plus loin. Il y a trop de délinquants. Bientôt, c’est sûr, je vais déménager, dès que je trouve une maison à côté. Je ne vais pas rester ici », explique Hamed Mohamed, un cariste de 36 ans rentrant du travail.
Une totale impunité
« On tiraille, on tire à vue et malheureusement une famille s’est retrouvée en plein milieu de ces tirs, avec un enfant de 10 ans qui est décédé, un enfant du quartier », déplore Raouf Azzouz, directeur du centre social Les Mille Couleurs. Et le militant de dénoncer « l’impunité totale, la vente de la drogue en pleine rue, les canapés, les prix indiqués sur les murs. Les dealers ont pris le pouvoir sur le quartier, le commerce de la drogue est florissant, donc voilà, il va y avoir des règlements de compte entre bandes rivales et la population est au milieu. (…) Aujourd’hui l’espace public, il est privatisé par les vendeurs de mort », insiste-t-il, soulignant « l’omerta et la peur de représailles. Les gens viennent me voir à l’association en disant : ‘‘Est-ce que vous pouvez déposer plainte pour moi’’ ».
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