Législatives : sourd aux appels à rester discret, Emmanuel Macron en campagne envers et contre tout

Titelbild
(Photo DYLAN MARTINEZ/POOL/AFP via Getty Images)
Von 25 juin 2024

« Je la comprends et je l’entends » : s’il reconnaît être l’objet d’une « colère » profonde, doublée d’un « rejet », Emmanuel Macron continue malgré tout de faire campagne pour les législatives, contre l’avis d’une bonne partie de son camp.

« Cette élection n’est pas l’élection d’une femme ou d’un homme, ce n’est ni une élection présidentielle, ni un vote de confiance envers le Président de la République », a-t-il même asséné lundi dans une lettre aux Français diffusée par la presse quotidienne régionale.

À chaque occasion, le chef de l’État, sourd à tous les appels à plus de réserve, se fend de quelques mots sans équivoque : « Je nous souhaite le meilleur pour les jours à venir », a-t-il lancé vendredi au public réuni dans la cour de l’Élysée pour la Fête de la musique.

Inaugurant lundi la station de métro Saint-Denis – Pleyel, aux abords de futurs sites des JO, il a salué un « travail collectif », comme la République « sait » en faire, « en rassemblant toutes les forces de la Nation ».

Une référence subliminale alors qu’un gouvernement de grande coalition, allant de la droite aux sociaux-démocrates, semble le seul scénario envisageable en l’état s’il veut échapper à une cohabitation avec le Rassemblement national ?

« Le rejet est très fort »

Emmanuel Macron aime aussi labourer le terrain des réseaux sociaux. Lundi après-midi, le podcast « Génération Do It Yourself » (Faites-le vous-même), qui donne la parole à ceux qui se sont « construits par eux-mêmes » (entrepreneurs, sportifs, artistes..) a commencé à diffuser une heure 45 d’entretien avec le chef de l’Etat.

« Au-delà de vos colères – elle s’est exprimée, je l’ai entendue, je vous redonne la parole – qu’est-ce que vous voulez ? », y demande-t-il, concédant au passage que sa majorité lui en « veut » aussi d’avoir décidé de dissoudre l’Assemblée nationale.

Au soir du deuxième tour, le 7 juillet, « ce sera la faute de personne », a-t-il encore assuré en réponse à ses détracteurs. « Ce sera la responsabilité des Français ».

Affolés par l’impopularité présidentielle qui transforme chaque élection nationale en scrutin « anti-Macron », chefs de la majorité, ministres et députés sortants lui demandent instamment de rester à l’écart de la campagne. Les candidats ne veulent même plus s’afficher sous l’étiquette Macron. « Continuons Ensemble ! », proclame ainsi, parmi d’autres, le député Renaissance sortant Christophe Marion (Loir-et-Cher) sur son affiche de campagne, où il se présente comme le « candidat de Gabriel Attal, Premier ministre ».

« Le rejet est très fort. On me dit ‘‘je vote pour vous mais pas pour lui’’ », raconte un député sortant. Mais il « veut rester dans le jeu », « lui il a un mandat qui continuera ».

Dans une vidéo devenue virale, un sympathisant s’est même agacé auprès du Premier ministre Gabriel Attal : « Vous, vous êtes bien, mais il faudra dire au président qu’il ferme sa gueule ».

« Démacroniser » la campagne des législamtives

Lors d’une réunion à l’Élysée au lendemain de la dissolution, le chef du Modem Français Bayou a lui-même suggéré de « démacroniser la campagne des législatives », rapporte un député sortant.

« C’est pour ça que je vais faire une conférence de presse », lui aurait alors répondu le président, selon la même source. Deux jours plus tard, il déclarait devant la presse qu’il ne ferait pas campagne aux législatives.

Des observations balayées aujourd’hui par son entourage. « En parlant à la presse quotidienne régionale, en répondant aux questions de Matthieu Stefani dans son podcast, le Président, à sa place, répond à des interrogations que se posent les Français », plaide-t-on.

Certains s’agacent aussi en rappelant qu’on lui a reproché l’inverse à la présidentielle et aux législatives de 2022. Il avait alors été accusé de ne pas faire assez campagne.

« Ceux qui lui reprochent de parler aujourd’hui l’accuseraient de se planquer s’il ne le faisait pas. Son seul intérêt ce sont les Français, pas le microcosme parisien », s’emporte un proche.

Quoi qu’il en soit, les lendemains d’élection s’annoncent compliqués. « Les députés, est-ce qu’il y en a un qui serait là sans Macron ? (…) Ils ont collé la tronche de Macron derrière eux toute leur vie. Et aujourd’hui, ils hésiteraient ? Il s’en souviendra, le chef », lance un macroniste historique.



Kommentare
Liebe Leser,

vielen Dank, dass Sie unseren Kommentar-Bereich nutzen.

Bitte verzichten Sie auf Unterstellungen, Schimpfworte, aggressive Formulierungen und Werbe-Links. Solche Kommentare werden wir nicht veröffentlichen. Dies umfasst ebenso abschweifende Kommentare, die keinen konkreten Bezug zum jeweiligen Artikel haben. Viele Kommentare waren bisher schon anregend und auf die Themen bezogen. Wir bitten Sie um eine Qualität, die den Artikeln entspricht, so haben wir alle etwas davon.

Da wir die Verantwortung für jeden veröffentlichten Kommentar tragen, geben wir Kommentare erst nach einer Prüfung frei. Je nach Aufkommen kann es deswegen zu zeitlichen Verzögerungen kommen.


Ihre Epoch Times - Redaktion