«L’électricité décarbonée coûtera plus cher qu’aujourd’hui»: le patron de TotalEnergies contredit la patronne d’Engie en face à face

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Patrick Pouyanne, PDG de TotalEnergies, à Billy-Berclau-Douvrin, le 30 mai 2023. (PASCAL ROSSIGNOL/POOL/AFP via Getty Images)
Von 14 juillet 2023

Ce samedi 8 juillet à Aix-en-Provence, lors d’un débat, le patron de TotalEnergies a prévenu les consommateurs sur les risques de déséquilibre du marché de l’énergie, et notamment du renouvelable. Il a expliqué que le coût de l’électricité décarbonée connaîtrait une flambée.

Patrick Pouyanné, qui est le PDG du groupe TotalEnergies depuis octobre 2014, a mis en garde l’opinion publique quant aux sources d’électricité renouvelable intermittentes, car elles vont coûter « plus cher qu’aujourd’hui ». Son ton tranchait avec celui de Catherine MacGregor, la directrice générale d’Engie, dont la mission est de développer les énergies renouvelables et les infrastructures gazières. Tous deux avaient pris part au débat se déroulant dans le cadre des rencontres économiques d’Aix-en-Provence, samedi dernier.

« Pas assez de stocks en Europe pour couvrir l’hiver quand il est froid »

Contrairement à ce que d’autres invités présents à ce débat affirmaient, le prix du gaz n’est pas revenu à la normale par rapport à la période d’avant la crise, a objecté le patron de TotalEnergies. Pour lui, ce n’est pas parce que le prix du gaz est « plus bas de l’hystérie de l’année dernière qu’il est effectivement bon marché ». « Finalement, on s’habitue à un espace de prix », a-t-il déploré.

« Il va falloir habituer les consommateurs à payer un peu plus cher leur énergie », a-t-il prévenu. « En matière gazière, oui les stocks seront pleins en octobre, mais on n’a pas assez de stocks en Europe pour couvrir l’hiver quand il est froid. C’est juste un problème physique. On a un système bizarre, on n’a pas construit assez de stockage », a-t-il détaillé.

« C’est nous qui avons fait monter les prix l’an dernier »

En conséquence, si l’hiver est froid, il faudra « ramener du gaz naturel liquéfié ». Signifiant qu’il n’y a pas de « prix d’amis » dans un marché « d’offre et de demande mondiale », il a énoncé que la seule façon de le faire, « c’est de le piquer aux autres ». C’est ce qui a été fait l’an dernier, mais au prix fort. « L’année dernière on a détourné plus de 10% du marché mondial, qu’on est allé prendre aux Vietnamiens, au Bangladesh, au Pakistan et au Chinois, pour le ramener en Europe. […] C’est nous qui avons fait monter les prix l’an dernier », a-t-il révélé.

En raison de la « panique », on est en train de construire des usines de gaz naturel liquéfié partout en ce moment, mais cela va progressivement entraîner « trop de gaz naturel liquéfié », a encore expliqué Patrick Pouyanné. « À ce moment-là, le prix se cassera la figure et on recréera des consommateurs en Asie, parce que c’est là-bas qu’on en a besoin », a-t-il analysé.

«Je pense qu’il faut dire la vérité»

S’il est « sympathique » de décarboner, puisque « le soleil est gratuit », il y a toutefois un problème car c’est « un système de plus en plus complexe à manipuler, un système avec des sources intermittentes, a-t-il signifié. « Il faut des capacités de stockage, on en est loin. Et quand on prend un système complet, à moins d’accepter de garder pas mal de fossiles, ça coûtera plus cher qu’aujourd’hui », a-t-il martelé.

D’après Catherine MacGregor, il est cependant possible d’atteindre un «mix énergétique décarboné et bon marché pour le consommateur ». Elle a assuré que même si les énergies renouvelables augmentent l’instabilité dans les réseaux électriques, pour y remédier, « les centrales à gaz, fonctionnant au gaz décarboné vont jouer un rôle massif».

S’adressant à Catherine MacGregor, Patrick Pouyanné a répondu : « Je pense que si tu fais des investissements, tu ne prends sans doute pas 50€ par Mwh comme hypothèse, sans doute beaucoup plus, sinon on n’investit pas dans l’éolien offshore en Europe, à 50€ du Mwh, ce n’est pas vrai. Et je pense qu’il faut dire la vérité». Il a par ailleurs assuré qu’en raison de sa rentabilité, de gros investissements seront réalisés dans l’électricité. En revanche, étant donné que les investissements sont moindres dans les énergies fossiles, « le prix du pétrole va rester durablement élevé », toujours selon le patron de TotalEnergies.



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