Les humains sont confinés, la nature reprend ses droits

Les oiseaux chantent à tue-tête, les sangliers se promènent en ville, les dauphins sont de sortie. Avec le confinement, animaux sauvages et plantes profitent du calme retrouvé, tandis que les humains, prennent plus le temps d'observer la nature.
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-Les Oryx d'Arabie sont photographiés dans le désert avec une vue sur la ville de Dubaï aux Émirats arabes unis le 21 mars 2020. Photo de KARIM SAHIB / AFP via Getty Images.
Von 28 mars 2020

Les oiseaux chantent à tue-tête, les sangliers se promènent en ville, les dauphins sont de sortie. Avec le confinement, animaux sauvages et plantes profitent du calme retrouvé, tandis que les humains prennent plus le temps d’observer la nature.

Aux premiers jours du confinement, les habitants des grandes villes ont redécouvert avec bonheur le gazouillis des oiseaux. Des sangliers ont été aperçus à Barcelone, un jeune puma s’est aventuré dans les rues de Santiago du Chili, des dauphins se rassemblent en Méditerranée…

Les animaux sauvages circulent dans les villes

Avec la baisse brutale de la présence humaine, les animaux sauvages urbains « ont quartier libre pour circuler dans les villes », commente à l’AFP Romain Julliard, directeur de recherche au Muséum national d’histoire naturelle, à Paris.

-Un puma d’environ un an dans les rues de Santiago le 24 mars 2020 qui, selon le service agricole et d’élevage est descendu des montagnes voisines à la recherche de nourriture car moins de personnes sont observés dans les rues en raison de la pandémie du coronavirus. Photo par Andres PINA / ATON CHILI / AFP via Getty Images.

Il cite l’exemple des renards: « ils changent très vite leurs comportements, quand un espace est tranquille, ils y vont ».

Les animaux et les oiseaux vivant dans les parcs urbains, comme les moineaux, les pigeons et les corneilles, peuvent quitter leurs territoire habituel et « libérer de la place pour d’autres animaux ».

Les oiseaux, d’habitude discrets en ville, sont-ils plus nombreux? C’est plutôt qu’on les entend mieux. Certains d’entre eux « s’arrêtent de chanter quand il y a du bruit. A présent ils arrêtent de s’arrêter », explique Jérôme Sueur, spécialiste de l’acoustique au Muséum national d’histoire naturelle.

Le bruit perturbe aussi leurs comportements et génèrent du stress, poursuit-il. Il faut espérer que la disparition de la cacophonie humaine soit « bénéfique » pour les animaux, en pleine période de reproduction au printemps.

« Les animaux sont dépollués du bruit humain », résume le chercheur.

-Des éléphants sauvés du tourisme et de l’exploitation forestière se rassemblent sous un smog intense au parc naturel des éléphants dans la province de Chiang Mai, dans le nord de la Thaïlande, le 13 mars 2020. Photo de Lillian SUWANRUMPHA / AFP via Getty Images.

La faune sauvage pourrait mieux se porter

A la campagne et à la mer aussi, la faune sauvage pourrait mieux se porter. En France, le confinement a mis fin avec un peu d’avance à la saison de la chasse.

La quarantaine intervient quand, pour certaines espèces, la saison des amours bat son plein. C’est le cas pour le crapaud commun et la salamandre tachetée, qui « traversent les routes et se font écraser régulièrement », indique Jean-Noël Rieffel, directeur régional Val-de-Loire (ouest de la France) de l’Office français de la biodiversité.

« La nature et les espèces retrouvent leurs espaces naturels »

Les mouettes mélanocéphales, qui nichent sur des bancs de sable sur la Loire, fleuve français, sont d’habitude dérangées. Mais à présent, finis promeneurs, chiens, quads ou canoës. Pas de curieux non plus pour toucher les faons.

Dans le parc national des calanques, non loin de Marseille (sud-est de la France), fermé aux promeneurs et aux plaisanciers, « la nature et les espèces retrouvent leurs espaces naturels à une vitesse qui nous surprend », indique son président Didier Réault. « Les puffins qui nichaient sur des archipels, dans des zones de haute protection, se regroupent aujourd’hui sur l’eau ».

« Notre attention à la nature change »

Idem pour les plantes. Les orchidées sauvages, protégées, poussent fin avril/début mai et sont parfois cueillies par des promeneurs, raconte Jean-Noël Rieffel. Elles pourraient y échapper cette année.

En ville, les pelouses non tondues fleurissent et offrent « des ressources pour les bourdons, les abeilles, les papillons », explique Romain Julliard.

Pour le scientifique, « le phénomène le plus important est peut-être que notre attention à la nature change: les personnes confinées réalisent à quel point la nature leur manque ».

Cloîtré chez soi, à sa fenêtre ou dans son jardin, chacun dispose de plus de temps pour observer la nature et la redécouvrir.

« Ouvrir sa fenêtre, observer les oiseaux »

L’opération « confinés mais aux aguets » de la Ligue de protection des oiseaux en France permet « d’ouvrir sa fenêtre, d’observer les oiseaux, les identifier si on peut », indique son président Allain Bougrain-Dubourg.

Le confinement des humains pourrait toutefois être une mauvaise nouvelle pour des espèces habituées à se nourrir de leurs déchets.

Autre inconvénient: les opérations d’aide aux espèces menacées ou la lutte contre les espèces invasives sont interrompues, relève Loïc Obled, directeur général délégué de l’Office français de la biodiversité.

Il faudra aussi gérer la sortie du confinement. « Il y aura un besoin de nature, et une surfréquentation qui peut être défavorable à la faune et la flore », avertit Jean-Noël Rieffel. Des oiseaux qui iraient nicher dans une cour d’école déserte se trouveraient dérangés. Le répit restera de courte durée.

 



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