L’Europe doit recentrer sa stratégie de défense face à la guerre hybride, affirme la cheffe de l’UE
Le 8 octobre, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré que l’Europe devait réagir avec des mesures allant au-delà de la défense traditionnelle pour contrer la guerre hybride menée par la Russie.
S’exprimant devant le Parlement européen, Mme von der Leyen a expliqué aux députés que la sécurité européenne faisait face à une « montée inquiétante des menaces » échappant au champ classique du conflit conventionnel, parmi lesquelles le sabotage de câbles sous-marins, les cyberattaques et, tout récemment, les incursions de drones dans le ciel européen.
« Il est temps de nommer les choses : il s’agit bien de guerre hybride, et nous devons la prendre très au sérieux », a-t-elle déclaré à Strasbourg.
L’OTAN définit la guerre hybride comme une fusion de moyens conventionnels et non conventionnels, où l’adversaire cherche à subvertir ou à déstabiliser, et où les attaques sont menées de telle sorte qu’il est difficile d’en attribuer la responsabilité.
La guerre hybride se déroule souvent dans la zone grise, un seuil en-deçà de la guerre conventionnelle, qui englobe cyberattaques, attaques contre les infrastructures essentielles et espionnage.
« Nous ne devons pas seulement réagir ; nous devons dissuader, car si nous hésitons, la zone grise ne fera que s’étendre », a insisté Mme Von der Leyen.
Si elle s’est gardée d’accuser expressément Moscou pour tous les incidents évoqués, la cheffe de l’exécutif européen a néanmoins pointé la volonté de la Russie de « semer la division » en Europe, qualifiant son action de guerre hybride.
La Russie a régulièrement nié avoir intentionnellement violé l’espace aérien de l’OTAN et réfute son implication dans d’autres actes de sabotage présumés sur les infrastructures européennes.
« Faire face à la guerre hybride russe ne relève pas seulement de la défense classique : il s’agit de logiciels pour drones, de pièces détachées pour les pipelines, d’équipes de réponse rapide en cybersécurité », a encore indiqué la responsable européenne, soulignant la nécessaire évolution des mentalités face au nouveau visage des conflits internationaux.
Le mur de drones
Au premier rang des ripostes européennes figure le « mur de drones », un dispositif destiné à détecter, suivre et intercepter les drones qui franchiraient l’espace aérien de l’Union. Un projet que la dirigeante européenne promeut depuis la récente multiplication de ces incursions.
Mme Von der Leyen a précisé, le 8 octobre, que ce « mur de drones » s’inscrit dans le cadre du dispositif Eastern Flank Watch et « constitue notre réponse aux réalités de la guerre moderne ».

Des soldats ukrainiens à bord d’un véhicule blindé équipé d’une cage
Elle a souligné que lors des incursions de drones au-dessus de la Pologne, les alliés de l’OTAN ont dû déployer des moyens onéreux — des chasseurs dernier cri — pour abattre des drones relativement bon marché et produits en série.
« C’est absolument insoutenable », juge-t-elle. « Nous avons besoin d’un système anti-drones abordable et adapté à la menace. »
L’UE a déjà dévoilé un plan de réarmement de 800 milliards d’euros inscrit dans sa stratégie de sécurité « Readiness 2030 ». Mme Von der Leyen a précisé qu’en élaborant un plan de défense paneuropéen, Bruxelles travaillerait « en étroite coordination » avec l’OTAN.
Elle a confirmé devant les eurodéputés que les dirigeants européens présenteraient d’ici deux semaines la feuille de route baptisée « Préserver la paix ».
« Opportun, nécessaire »
La semaine dernière, les dirigeants de l’UE ont officiellement validé un plan de mesures anti-drones.
La Première ministre danoise, Mette Frederiksen, dont le pays a récemment fait l’objet d’incursions de drones, a déclaré à l’issue du sommet européen du 1er octobre que « l’Europe doit pouvoir se défendre ».
« Nous devons renforcer notre production de drones et nos capacités anti-drones, cela passe aussi par la création d’un réseau européen susceptible de protéger et de neutraliser les intrusions extérieures », a-t-elle précisé.
Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, avait déjà salué l’idée du mur de drones, la jugeant « opportune et nécessaire », tandis que la Russie a critiqué ce projet.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a réagi : « L’histoire a toujours montré que l’édification de murs est une mauvaise chose. »
Avec la contribution de Reuters
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