L’harmonica d’un Français égaie la ville confinée de Washington

Virtuose de l'harmonica, Français installé depuis longtemps aux Etats-Unis, Frédéric Yonnet se préparait à partir en tournée quand le nouveau coronavirus en a décidé autrement. Du coup, il s'est réinventé en artiste nettement plus numérique et davantage... local.
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-Le joueur d'harmonica Frederic Yonnet fait une vérification sonore de "distanciation sociale", séparé par une bâche en plastique des membres du groupe, Robbie McDonald à la guitare, Dennis Turner à la basse, Christopher Bynum à la batterie et Warren Jones au clavier, à Washington, DC le 3 mai 2020 avant de diffuser le concert en direct sur ses comptes Instagram et Facebook. Photo par EVA HAMBACH / AFP via Getty Images.
Von 5 mai 2020

Virtuose de l’harmonica, Français installé depuis longtemps aux Etats-Unis, Frédéric Yonnet se préparait à partir en tournée quand le nouveau coronavirus en a décidé autrement. Du coup, il s’est réinventé en artiste nettement plus numérique et davantage… local.

Chaque dimanche, dans une maison en rénovation totalement relookée, entouré de grandes feuilles de plastique censées améliorer la distanciation sociale, ce métis natif de Normandie joue avec sa formation de quatre membres pour les riverains du voisinage.

Les badauds sont curieux de cette animation inédite dans le quartier pittoresque de Capitol Hill, à deux pas du Congrès, le cœur politique du pays.

Un hamster tournant dans sa roue

« Quand le confinement a été décrété, je me suis senti comme un hamster tournant dans sa roue », confie à l’AFP l’harmoniciste de 47 ans.

Lui qui a animé des campagnes des politiques est visiblement dans son élément dans la capitale fédérale américaine, une ville où la mixité sociale reste encore en grande partie à achever et où le tribut du coronavirus pèse bien plus lourdement sur la population noire que blanche.

En plus de deux décennies en Amérique, Frédéric Yonnet s’y est fait un nom: il a joué au côté de légendes comme Prince, Stevie Wonder, et c’est son harmonica que l’on entend sur la bande son du dernier opus de Martin Scorsese, « The Irishman ». 

Juste pour nous

« Au début, on pensait jouer juste pour nous, ce qui était très égoïste », dit-il.

Prudent, il a commencé par déposer des messages polis dans les boîtes aux lettres de ses voisins, au cas où le bruit les aurait importunés. Mais il a été tellement surpris par l’enthousiasme suscité, qu’il a même décidé de diffuser ses concerts en ligne, en streaming, sur ses comptes Instagram et Facebook.

 



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