Lieux juifs aspergés de peinture verte : trois ressortissants serbes interpellés
L’interpellation lundi de trois ressortissants serbes soupçonnés d’avoir aspergé de peinture verte le Mémorial de la Shoah, trois synagogues et un restaurant juif à Paris dans la nuit de vendredi à samedi laisse entrevoir la piste d’une opération de déstabilisation, à l’instar de celle des « Mains rouges » de mai 2024.
D’après Le Figaro, les trois personnes interpellés ce lundi 2 juin près de Juan-les-Pins dans les Alpes-Maritimes, sont des ressortissants serbes.
Des similitudes avec le mode opératoire pour les tags « Mains rouges »
« Dès le départ, nous avons pensé à une opération de cet ordre, compte tenu des similitudes avec le mode opératoire » utilisé pour les tags « Mains rouges » sur le mur des Justes du Mémorial de la Shoah, l’année dernière, a confié à l’AFP une source proche de l’enquête.
Selon une source proche du dossier, les trois ressortissants étrangers étaient en train de quitter le pays au moment de leur arrestation.

Le « Mur des Justes » couvert de graffitis de mains rouges devant le mémorial de la Shoah à Paris, le 14 mai 2024. (ANTONIN UTZ/AFP via Getty Images)
Les faits avaient été découverts par des policiers lors de leur patrouille vers 05h15 samedi et l’enquête avait été confiée par le parquet de Paris à la Sûreté territoriale pour « dégradations commises en raison de la religion ».
Les images de vidéosurveillance du Mémorial ont montré une personne vêtue de noir en train de taguer vers 4h30. Un homme vêtu de sombre a également été filmé par une caméra de surveillance de la synagogue des Tournelles, peu avant 4h00. Les images de deux hommes (un aspergeant de la peinture et le second le filmant) ont été captées par une caméra de surveillance de la seconde synagogue du 4e arrondissement, celle de la rue Pavée (Agoudas Hakehilos).
Un pot de peinture verte entamé avait été retrouvé devant le restaurant et une autre synagogue, cette fois dans le 20e arrondissement de la capitale, avait été également aspergé de peinture de couleur verte.
Aucun message ni revendication n’a été découvert sur les différents lieux pris pour cible, ce qui rappelle les « mains rouges » taguées sur le mur des Justes, au Mémorial de la Shoah, en mai 2024.
De même, en mai 2024, les auteurs avaient été filmés par les caméras de vidéo surveillance du Mémorial.
Dans cette affaire, trois Bulgares, soupçonnés de les avoir peintes, avaient été mis en examen et placés en détention provisoire en fin d’année dernière.
Ces tags de « mains rouges », symbole pouvant être lié au lynchage de soldats israéliens à Ramallah en 2000, avaient été analysés par les services de sécurité comme une opération d’ingérence de la part de Russophones.
En 2024, de nombreuses opérations de déstabilisation orchestrées par la Russie
« Mains rouges », cercueils ou étoiles de David… L’année 2024, année des Jeux olympiques de Paris, a été ponctuée d’apparition de ces pochoirs sans revendication sur les murs de la capitale principalement.
Des Moldaves, des Bulgares notamment, tous originaires de l’ancien bloc soviétique, ont été identifiés et interpellés rapidement, les uns en tentant de fuir à l’étranger, les autres après remise à la France par leur pays d’origine. Certains ont expliqué avoir été payés quelques dizaines d’euros par des commanditaires inconnus.
Mais pour les autorités françaises, peu de doute, il s’agissait d’opérations de déstabilisation orchestrées par la Russie, accusée de vouloir diviser la société française et de semer le chaos.
« Horrifiée »
Les dégradations à la peinture verte de lieux juifs samedi à Paris ont immédiatement été condamnées par le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, la maire de Paris Anne Hidalgo et l’ensemble du spectre politique, et provoqué la colère d’Israël, par la voix de son président Isaac Herzog, qui s’est dit « consterné ».
Je suis consterné par l’attaque contre des institutions juives à Paris pendant le Shabbat — y compris la synagogue du quartier du Marais, construite par mon arrière-grand-père, le rabbin Joël Herzog.
J’ai parlé ce soir avec les dirigeants du @Le_CRIF et de la communauté juive en…
— יצחק הרצוג Isaac Herzog (@Isaac_Herzog) May 31, 2025
« Horrifiée » par cette « attaque antisémite coordonnée », l’ambassade d’Israël en France a relevé les tensions entre les deux pays actuellement à propos de la situation à Gaza. « Nous ne pouvons ignorer », a-t-elle écrit dans un communiqué, « la discorde problématique observée ces deux dernières semaines chez certains dirigeants et élus ».
Les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, Yaël Braun-Pivet et Gérard Larcher, se sont rendus lundi en fin de journée au Mémorial de la Shoah à Paris.

(De g. à dr.) Le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) Yonathan Arfi, la présidente de l’Assemblée nationale Yael Braun-Pivet et le président du Sénat Gérard Larcher se tiennent devant le Mémorial de la Shoah, après qu’il ait été vandalisé avec de la peinture verte, à Paris, le 2 juin 2025. (XAVIER GALIANA/AFP via Getty Images)
« Dans cette période où nous voyons monter la perte du vivre-ensemble, les haines, l’antisémitisme, qui n’est pas notre seul combat mais un combat majeur, nous ne pouvions pas dire ‘allez, c’est un événement de plus’ », a argué Gérard Larcher face aux journalistes, devant le Mur des Justes.
« Il est important de rappeler à chacun qu’il est chez lui dans cette République, et qu’il est protégé par les autorités, protégé par les institutions que nous représentons (…) et que nous ne laisserons jamais rien passer », a abondé Yaël Braun-Pivet.
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