Une liste de l’UE sur des technologies clés pour se défendre face à Pékin

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« Nous devons surveiller en permanence nos technologies critiques, évaluer notre exposition aux risques et, le cas échéant, prendre des mesures pour préserver nos intérêts stratégiques et notre sécurité » a déclaré Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur. (Crédit photo STEPHANE MAHE/POOL/AFP via Getty Images)
Von 3 octobre 2023

La Commission européenne doit dévoiler mardi une liste de technologies clés qui devront être mieux surveillées et défendues face à des États rivaux comme la Chine.

La liste, qui pourrait inclure l’intelligence artificielle, les technologies quantiques ou les semi-conducteurs, sera publiée dans l’après-midi. Une conférence de presse est prévue à 15h30. L’annonce survient alors que l’UE a ouvert en septembre une enquête sur des aides présumées illégales de Pékin aux constructeurs chinois de voitures électriques, suscitant des tensions avec le géant asiatique.

Le 20 juin, l’exécutif bruxellois avait détaillé une stratégie pour mieux défendre les intérêts économiques européens tout en restant un continent ouvert. La Commission avait alors annoncé l’établissement d’une liste des technologies essentielles pour lesquelles des mesures d’atténuation de risques seraient envisagées.

Préserver les droits humains et la sécurité nationale

Ces technologies se caractérisent par leur impact important sur la société, la possibilité d’un double usage civil et militaire, et celle d’une mauvaise utilisation qui pourrait affecter les droits humains. Pour assurer sa sécurité dans les technologies clé identifiées, l’UE pourrait recourir à différents types de mesures qui restent à décider : des partenariats internationaux, un soutien aux filières européennes ou de nouveaux outils de ripostes comme des instruments de contrôle des exportations ou des investissements.

Officiellement, la démarche ne vise pas la Chine, mais ce pays, à la fois partenaire et rival stratégique de l’Europe est bien dans toutes les têtes, tout comme la Russie. « Aujourd’hui, nous tenons notre promesse de réduire les risques pour l’économie européenne. Il s’agit d’une étape importante pour notre résilience », a déclaré le commissaire européen au Marché intérieur, Thierry Breton.

« Nous devons surveiller en permanence nos technologies critiques, évaluer notre exposition aux risques et, le cas échéant, prendre des mesures pour préserver nos intérêts stratégiques et notre sécurité. L’Europe s’adapte aux nouvelles réalités géopolitiques, met fin à l’ère de la naïveté et agit comme une véritable puissance géopolitique », a-t-il ajouté.

La crise du Covid-19 en 2020 puis la guerre en Ukraine ont provoqué un électrochoc en Europe. La pandémie a révélé les fragilités des chaînes d’approvisionnement victimes de la fermeture des frontières en Chine, tandis que le conflit avec la Russie a montré le risque de la dépendance au gaz russe.

La publication survient alors que les eurodéputés, réunis en session plénière à Strasbourg, ont approuvé définitivement à la mi-journée un nouvel instrument européen visant à punir tout pays utilisant des sanctions économiques pour faire pression sur un membre de l’UE.

Le commissaire européen au Commerce, Valdis Dombrovskis, a salué « un renforcement majeur pour la capacité de l’UE à se défendre ». Cet outil ne vise explicitement personne non plus, mais Pékin est là aussi clairement en ligne de mire. Il pourra être brandi dans un conflit comme du type de celui qui oppose actuellement la Lituanie au régime communiste chinois, ont expliqué des responsables européens. Le pays balte accuse Pékin de bloquer ses exportations pour protester contre l’ouverture d’une représentation diplomatique taïwanaise à Vilnius. Pour l’instant, l’UE a engagé des litiges au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Représailles

Dans un objectif de dissuasion, l’UE pourra recourir à différents types de représailles : gel d’accès aux marchés publics, blocage d’autorisations de mise sur le marché de certains produits, blocage d’investissements… Outre cet instrument, l’UE s’est dotée ces dernières années d’une panoplie d’outils de défense de ses intérêts économiques pour diversifier ses fournisseurs, produire plus en Europe, exiger l’ouverture des marchés publics… La Commission a simplifié l’octroi d’aides d’État à des secteurs stratégiques comme les puces électroniques. Elle a proposé en mars un texte pour sécuriser ses achats de matières premières critiques.

Valdis Dombrovskis, rentré la semaine dernière d’un voyage en Chine, doit par ailleurs être auditionné dans l’après-midi par les eurodéputés sur les relations commerciales avec ce pays. Le déficit commercial de l’UE avec le géant asiatique a atteint près de 400 milliards d’euros l’an dernier.



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