Marineland: nouvelle mort d’un orque en plein débat sur leur avenir

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Le parc marin de Marineland à Antibes, dans le sud-est de la France. (Photo VALERY HACHE/AFP via Getty Images)
Von 28 mars 2024

Série noire parmi les orques du Marineland d’Antibes, les dernières en captivité en France, dont le sort fait débat : après le décès soudain de Moana, 12 ans, en octobre, le parc animalier a annoncé jeudi celui d’Inouk, 25 ans.

« C’est une terrible nouvelle qui affecte les soigneurs animaliers et toutes les équipes de Marineland qui ont vu naître Inouk il y a 25 ans », a annoncé le parc dans un communiqué. En conséquence, les spectacles des orques, longtemps attraction majeure du parc, ne reprendront pas samedi comme prévu après la trêve hivernale.

Il ne reste donc plus que deux orques à Antibes : Wikie (22 ans), soeur d’Inouk et mère de Moana, et Keijo (10 ans), fils de Wikie. Tous étaient nés au Marineland.

Une autopsie doit être réalisée

Une autopsie doit être réalisée dans les prochains jours pour déterminer les causes de la mort d’Inouk. S’agissant de celle de Moana en octobre, il avait fallu des mois d’examens et d’analyses pour conclure finalement début février à une « septicémie bactérienne aiguë qui survient naturellement dans la nature », selon le parc.

Si l’espérance de vie ordinaire des orques est difficile à établir, elles vivent en général plusieurs dizaines d’années et, même en captivité, certaines ont atteint la cinquantaine.

En septembre, la justice avait exigé une expertise sur les conditions de vie des orques d’Antibes et sur l’état de santé d’Inouk et Moana, jugé « piteux » par l’association de protection des animaux One Voice. Ses experts avaient relevé des comportements répétitifs et stéréotypés pour les quatre cétacés, des lésions sous-dermiques pour Moana et des dents usées à l’extrême pour Inouk.

« Nous déposons une plainte contre le parc. Nous ferons tout pour que le delphinarium réponde de ses actes et ne puisse se défiler une fois de plus » a déclaré sur X l’association One Voice suite à la mort d’Inouk.

Selon Marineland, des experts mandatés en novembre par le ministère de la Transition écologique avaient souligné « le professionnalisme et l’expertise de l’équipe, l’adéquation des infrastructures, de l’alimentation, des soins et du suivi vétérinaire des orques, ainsi que la qualité de l’eau des bassins ».

Le départ des orques restants en suspens

Contacté par l’AFP, le secrétariat d’État à la Biodiversité n’a pas souhaité faire de commentaire avant les résultats de l’autopsie d’Inouk. Sur son site internet, il a cependant publié un appel à manifestation d’intérêt, ouvert jeudi et jusqu’au 30 avril, pour un projet de sanctuaire pour les deux dernières orques.

« Il incombe urgemment aux responsables du parc et aux autorités gouvernementales de faire en sorte que Wikie et Keijo puissent enfin jouir d’un semblant de la vie naturelle et normale qu’elles méritent, avant qu’elles ne subissent le même sort que Moana et Inouk », a plaidé l’association animaliste Peta dans un communiqué.

Au-delà de leurs conditions de vie au Marineland, les orques sont au coeur d’un débat sur leur avenir. En 2021, une loi contre la maltraitance animale a en effet interdit les spectacles de cétacés en France à partir de décembre 2026 et limité les possibilités de les maintenir en captivité.

En janvier, un exercice grandeur nature mené pour préparer un éventuel départ des orques, en les familiarisant avec le brancard sur lequel elles devraient être soulevées pour être placées sur un camion puis dans un avion, avait suscité des rumeurs de départ imminent vers le Japon.

Plusieurs associations militent pour que ces grands cétacés noirs et blancs, qui n’ont connu que la captivité, soient accueillis dans un sanctuaire marin et non envoyés continuer les spectacles dans un pays moins protecteur.

Marineland fait valoir que la France n’a pas créé de tel sanctuaire, mais les associations évoquent elles un site au Canada. Si le parc optait pour cette option, le financement du transfert des orques et du fonctionnement du sanctuaire resterait à déterminer.

En janvier, la justice avait ordonné au Marineland de garder ses orques jusqu’à la remise du rapport d’expertise définitif sur leur santé. Selon une source proche du dossier, le parc a fait appel.

Ouvert en 1970, le parc Marineland d’Antibes indique accueillir en moyenne 750.000 visiteurs par an.



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