Meurtre d’Anna Politkovskaïa: la CEDH condamne la Russie pour manquements dans l’enquête

La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) a condamné mardi la Russie qui n'a pas "mis en œuvre les mesures d’enquête appropriées pour identifier le ou les commanditaires du meurtre" de la journaliste russe Anna Politkovskaïa en 2006.
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Une femme dépose des fleurs sur une plaque commémorant la journaliste russe assassinée Anna Politkovskaya lors d'un rassemblement marquant l’anniversaire de sa mort à Moscou. Photo KIRILL KUDRYAVTSEV/AFP/Getty Images.
Von 17 juillet 2018

La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a condamné mardi la Russie qui n’a pas « mis en œuvre les mesures d’enquête appropriées pour identifier le ou les commanditaires du meurtre » de la journaliste russe Anna Politkovskaïa en 2006. « L’État (russe) a manqué aux obligations relatives à l’effectivité et à la durée de l’enquête qui lui incombaient en vertu de la Convention » européenne des droits de l’homme de 1950, a souligné la CEDH dans un communiqué.

Par 5 voix contre 2, celles des juges russe et slovaque, la CEDH a estimé qu’il y avait eu « violation de l’article 2 de la Convention » sur le « droit à la vie ». Saisie par la famille de la victime, la Cour « souligne que l’enquête a abouti à des résultats tangibles puisque cinq hommes ont été reconnus directement coupables du meurtre », mais elle relève que « dans un homicide de ce type, on ne peut toutefois pas considérer que l’enquête a été appropriée si aucun effort n’a été fait pour identifier le commanditaire du meurtre. »

« Les autorités ont élaboré une théorie quant à l’instigateur de l’homicide, orientant leur enquête sur un homme d’affaires russe qui résidait à Londres, désormais décédé, mais elles n’ont pas précisé les moyens mis en œuvre pour suivre cette piste », poursuit la CEDH. Selon la Cour, « elles auraient également dû étudier d’autres hypothèses, dont celles suggérées par les requérants, qui alléguaient que des agents du FSB, les services secrets russes, ou de l’administration de la République tchétchène étaient impliqués dans l’assassinat ».

« Journaliste d’investigation connue, Anna Politkovskaïa avait notamment enquêté sur des allégations de violations des droits de l’homme commises en Tchétchénie pendant la deuxième campagne menée dans la région contre les rebelles, et elle avait à plusieurs reprises critiqué la politique du président (russe) Vladimir Poutine« , rappelle la Cour. Non définitif, l’arrêt rendu mardi peut faire l’objet d’un appel dans un délai de trois mois.

En juin 2017, Lom-Ali Gaïtoukaïev, reconnu coupable d’avoir organisé en octobre 2006 l’assassinat de la journaliste, était décédé en prison, où il purgeait une peine de détention à perpétuité. D’origine tchétchène, il était l’oncle de Roustam Makhmoudov, qui a été reconnu coupable d’avoir abattu la journaliste, âgée de 48 ans, à l’entrée de son immeuble. Il avait été également condamné à la perpétuité et purge sa peine.

Le tribunal avait aussi condamné à 20 ans d’emprisonnement un policier moscovite, Sergueï Khadjikourbanov, pour avoir participé à la préparation du meurtre. Plus de dix ans après cet assassinat qui avait ému le monde entier, les commanditaires n’ont toujours pas été identifiés par la justice russe.

DC avec AFP



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