NDDL: Nouveaux affrontements, Édouard Philippe exclut une pause des expulsions

Au troisième jour des expulsions sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, des heurts ont éclaté avant 07H00 entre gendarmes mobiles et zadistes positionnés derrière des barricades, tandis que les opposants historiques, scandalisés par l'ampleur des destructions, battent le rappel de leurs soutiens.
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(Sebastian Widmann/Getty Images)
Von 11 avril 2018

Édouard Philippe a écarté mercredi toute pause dans les expulsions de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes où les heurts entre occupants et gendarmes mobiles ont repris de plus belle, pour la troisième journée consécutive.

« Les opérations se déroulent conformément au calendrier qui avait été envisagé » et « vont se poursuivre dans le même esprit, avec la même fermeté et avec la même mesure », a déclaré le Premier ministre lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale.

Selon une source proche du dossier, depuis lundi matin 23 squats ont été détruits (dont sept mercredi avant 18H00) et les opérations se poursuivaient encore dans la soirée mercredi.

Le Premier ministre a salué « la très grande maîtrise » des forces de l’ordre « face à des oppositions souvent violentes », citant « jets de projectiles, de fusées » et parfois des « catapultes ».

Le 17 janvier, lorsqu’il a mis fin au projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, il s’était engagé à éradiquer cette « zone de non droit ».

Mercredi matin, au troisième jour de l’opération d’expulsion, des heurts ont de nouveau éclaté vers 07H00 près des Fosses noires. Les gendarmes ont répliqué par des tirs de grenades lacrymogènes et à effet de souffle à divers projectiles (pierres, mottes de terre, bouteilles) lancés par quelque 70 zadistes massés derrière des barricades de fortune.

Les affrontements se sont ensuite déplacés dans un champ voisin, où jusqu’à 300 zadistes au plus fort, selon une source proche du dossier, armés de boucliers artisanaux et de raquettes pour renvoyer les grenades, ont fait face pendant plusieurs heures aux forces de l’ordre.

Le calme est ensuite revenu vers midi, avant un rassemblement de plus de 500 personnes, des zadistes mais surtout de nombreux soutiens de tous âges, vers 13H00 au camp des « cheveux blancs », non loin de l’ex-« route des chicanes », pour protester contre la destruction des lieux de vie et agricoles et les expulsions.

Puis la tension est à nouveau montée en milieu d’après-midi, après qu’une « batucada de la ZAD » (ensemble de percussions), suivie d’un long cortège de militants de tous âges, a pris la route des « Fosses noires ». Dans un grand champ, quelques dizaines d’opposants gantés, cagoulés et munis de boucliers ont fait face aux gendarmes, qui ont riposté à des tirs et demandé aux manifestants de « retourner sur la route », ce que beaucoup ont fait, a constaté l’AFP.

Mais dans la cohue et la boue, tous n’ont pu rejoindre à temps la route, encombrée de barricades, et jeunes et vieux se sont retrouvés sous une pluie de grenades, notamment de désencerclement. Les gendarmes ont ensuite lancé une charge massive et coordonnée en plusieurs points de la Zad pour repousser les manifestants, les encerclant ou les contraignant à fuire à travers bois.

« Il y a eu un mouvement de panique. J’ai été poussée, je suis tombée dans un fossé. J’ai déjà fait beaucoup de manif mais j’ai eu peur. On sait jamais ce qui peut se passer. Quand je regarde les gendarmes, je ne vois plus des humains, je vois des machines », relate, amère, une habituée de la Zad de 61 ans présente au pique-nique de soutien.

« Vous avez filmé ? » demande un manifestant, indigné. « Ce sont des papys et mamies qui se font gazer ». « J’ai mal à la France, j’ai honte », témoigne Nadine, une retraitée de Guérande. « C’est inadmissible, ça n’a aucune raison ce massacre, cette violence ».

Dans la journée plusieurs dizaines de manifestants ont été blessés, selon l’équipe médicale des zadistes, sans pouvoir établir un bilan précis. Côté gendarmes quatre ont été blessés mercredi, soit un total de 32 depuis lundi, selon une source proche du dossier.

L’importance de l’opération menée depuis lundi – qui mobilise 2.500 gendarmes – a amené les opposants durcir le ton mardi en appelant à la « mobilisation générale », à l’instar de Julien Durand, porte-parole de l’Acipa, principale association d’opposants à l’ex-projet d’aéroport.

En rasant les lieux de vie installés autour de la D281, où se cristallisaient les tensions depuis l’abandon du projet d’aéroport, les gendarmes ont détruit au passage des projets agricoles collectifs, provoquant l’ire des occupants de la Zad, même les plus modérés.

L’intervention prévoit d’expulser toute personne n’ayant pas régularisé sa situation en déclarant de nouveaux projets agricoles individuels.

 

 

D.V avec AFP



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