« On est tous exposés »: la peur gagne les soignants new-yorkais
Equipements de protection rationnés, tests réservés aux malades les plus graves: à New York, épicentre de l’épidémie qui frappe désormais de plein fouet les Etats-Unis, certains soignants confient avoir une peur grandissante du coronavirus, alors que les malades se multiplient dans leurs rangs.
« Il y a à la fois un sentiment de désespoir et de solidarité entre nous. Tout le monde a peur, on essaie de s’épauler », dit Diana Torres, 33 ans, infirmière en rééducation intensive dans un des hôpitaux du groupe new-yorkais Mount Sinai.
Son unité de rééducation intensive n’est pourtant pas la plus exposée face à l’épidémie, qui vendredi soir avait fait 366 morts et infecté plus de 25.000 personnes dans la ville de New York. Mais elle a déjà eu à s’occuper de plusieurs patients porteurs du virus, et a dû supplier pour obtenir des équipements de protection.

-Un médecin est vu à l’extérieur au Elmhurst Hospital Center dans le quartier de Queens à New York le 26 mars 2020. Elmhurst a rapporté que 13 patients du coronavirus sont décédés à l’hôpital en 24 heures. Le nombre de décès enregistrés entre le 24 mars et le 25 mars correspondait au nombre de patients en soins intensifs qui y étaient traités. Photo par Angela Weiss / AFP via Getty Images.
Rationnement des équipements
« Je n’obtenais rien, je commençais à être dans tous mes états », dit-elle. « Ils rationnent les équipements. On vous dit Tu reçois seulement tant de combinaisons, tant de masques et il faut les économiser. Alors vous mettez un sac plastique sur votre combinaison pour la faire durer plus longtemps », dit cette trentenaire, qui a relayé une photo devenue virale montrant des soignantes revêtues de sacs-poubelle.
A #NewYork , certains #hopitaux ont installé des tentes pour désengorger les salles d’attente & limiter le risque de #contamination entre les patients.
Ici à #mountsinai West, l’un des plus grands hôpitaux de #NYC .#COVID2019 #NewYorkCoronavirus #CoronaVirusUpdate pic.twitter.com/fOE7HBsXCJ
— Marie Gentric (@GentricMarie) March 27, 2020
« C’est épouvantable », estime également un interne en psychiatrie d’un autre hôpital new-yorkais, dans le district du Queens. « Il n’y a pas assez d’argent, pas assez de tests, pas assez d’équipements de protection pas juste pour les médecins, mais aussi pour les infirmiers, les auxiliaires, les agents de nettoyage, tout le monde à l’hôpital est énormément exposé ».
« Les gens en première ligne ne sont pas protégés, ils sont comme des agneaux qu’on mène à l’abattoir », assène-t-il.
Les tests réservés aux personnes présentant des symptômes « graves »
Ce trentenaire, qui se présente simplement comme Andrew, est actuellement chez lui pour cause de fièvre, toux et perte d’odorat: des symptômes caractéristiques de la maladie de Covid-19, même s’il n’a pas pu être testé.
A New York comme dans d’autres pays, les tests sont généralement réservés aux seules personnes présentant des symptômes « graves », telle une pneumonie, qu’elles travaillent ou non dans la santé.
#coronavirus : L’Etat de #NewYork est desormais considere comme l’epicentre de la #pandemie .
Certains #hopitaux ont installe des tentes pour desengorger les salles d’attente.#Trump a annonce que le navire-hopital (1000 lits a bord) devrait arriver lundi a #NY .@i24NEWS_FR pic.twitter.com/uw62KE02aq
— Marie Gentric (@GentricMarie) March 27, 2020
« Techniquement, on est tous exposés »
« C’est criminel. C’est déjà être un gros sacrifice d’être dans la santé, c’est vraiment une honte d’en arriver là », estime Andrew.
« Techniquement, on est tous exposés », souligne aussi Diana Torres. Alors « on se comporte tous comme des paranos, en essayant de garder nos distances car on ne peut pas se faire tester ».
« Nous en faisons assez pour avoir au moins le droit de savoir », dénonce cette mère de trois enfants. « Si ça se trouve, nous sommes tous en période d’incubation ».

-Illustration- Le navire-hôpital US Navy Mercy arrive le 27 mars 2020 au port de Los Angeles pour aider les hôpitaux locaux au milieu de la crise croissante des coronavirus, à Los Angeles. Photo de Robyn Beck / AFP via Getty Images.
Les horaires sont tels pour les internes, dit Andrew, que « nous n’avons pas le temps de digérer nos émotions, il faut juste faire le travail ».
Un des responsables de son unité, est mort
« On nous dit qu’on peut reprendre (le travail) dès qu’on se sent mieux », malgré les recommandations officielles qui disent d’attendre quelques jours après la disparition des symptômes, dit aussi Mme Torres.
Mardi dernier, Kious Kelly, un infirmier de 48 ans qui avait été l’un des responsables de son unité, est mort. Il pourrait bien être le premier infirmier new-yorkais à décéder du coronavirus. Cela « nous a dévastés », confie Mme Torres.
« C’était quelqu’un qui vivait littéralement à l’hôpital », raconte-t-elle, « il a payé le prix ultime ».
Interrogé sur le nombre de soignants malades, un responsable des hôpitaux municipaux new-yorkais a indiqué jeudi « ne pas avoir de décompte ».
Attendre trois semaines avant le pic de l’épidémie
Dans un communiqué, la direction de Mount Sinai s’est dit « profondément attristée » par la mort de Kious Kelly, tout en assurant « fournir toujours au personnel les équipements de protection critiques dont il a besoin ».
Le maire de New York, Bill de Blasio, a lui assuré que les autorités faisaient tout pour « fournir équipement et matériel » aux soignants, et les « soulager » en faisant venir des renforts de personnel d’autres régions.
Mais selon les estimations des autorités, il faudrait encore attendre trois semaines avant le pic de l’épidémie dans la métropole.
vielen Dank, dass Sie unseren Kommentar-Bereich nutzen.
Bitte verzichten Sie auf Unterstellungen, Schimpfworte, aggressive Formulierungen und Werbe-Links. Solche Kommentare werden wir nicht veröffentlichen. Dies umfasst ebenso abschweifende Kommentare, die keinen konkreten Bezug zum jeweiligen Artikel haben. Viele Kommentare waren bisher schon anregend und auf die Themen bezogen. Wir bitten Sie um eine Qualität, die den Artikeln entspricht, so haben wir alle etwas davon.
Da wir die Verantwortung für jeden veröffentlichten Kommentar tragen, geben wir Kommentare erst nach einer Prüfung frei. Je nach Aufkommen kann es deswegen zu zeitlichen Verzögerungen kommen.
Ihre Epoch Times - Redaktion