«On marche sur la tête»: des panneaux retournés dans de nombreuses communes en France, un phénomène qui s’étend
À l’entrée de certaines communes, vous avez peut-être remarqué des panneaux à l’envers. Ils sont la manifestation de la colère des agriculteurs. La FNSEA, qui est le premier syndical agricole de France, pointe les dysfonctionnements de la politique du gouvernement en matière de réglementation agricole.
Afin de montrer leur mécontentement, des agriculteurs ont décidé de retourner les panneaux à 180 degrés, à l’entrée de nombreux villages. Le phénomène, qui s’est produit il y a quelques jours, s’est propagé aussi bien dans l’Ain, la Creuse, le Lot-et-Garonne, la Haute-Vienne, le Cher ou encore l’Hérault pour ne citer qu’eux. Une manière pacifique de dénoncer les incohérences liées à l’agriculture.
La loi censée garantir une juste rémunération aux agriculteurs non respectée
Des Fédérations départementales des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) ainsi que le syndicat des Jeunes agriculteurs sont à l’origine de cette opération, dont le mot d’ordre est : « On marche sur la tête. »
« En France, on a vraiment l’impression de marcher sur la tête, d’où l’idée de retourner les panneaux », a expliqué à France 3 Nouvelle-Aquitaine Baptiste Pélissier, agriculteur dans la commune de Gimel-les-Cascades et vice-président des Jeunes Agriculteurs de la Corrèze.
Concrètement, les agriculteurs dénoncent des réglementations « de plus en plus strictes », les empêchant « de mener à bien leur métier », rapporte Le Parisien. Ils estiment par exemple que la loi EGAlim n’est pas respectée, cette loi étant censée garantir aux agriculteurs une juste rémunération.
?? #MOBILISATION – ON MARCHE SUR LA TÊTE DANS LE 04?! ??
Cette action pacifique menée a pour but d’interpeller l’Etat sur l’ensemble des mesures contradictoires qui nous sont imposées ! ⛔️?#OnMarcheSurLaTête ?? ? #AgriSousPression pic.twitter.com/YbSJIqVZsF— FDSEA 04 (@FdseaAHP) November 20, 2023
Baptiste Pélissier déplore encore auprès de France 3 le fait qu’aujourd’hui, cette loi n’est pas appliquée. « Et l’État ne fait pas de contrôle. Si elle était appliquée, on arriverait à vivre de notre travail et on n’aurait pas besoin de toutes ces aides », s’agace-t-il. Les agriculteurs souhaitent également une dérogation pour les terres en jachère et pointent par ailleurs l’augmentation des taxes et des charges.
« Des prix d’achat en baisse » et « des charges qui augmentent »
Sur ce point, le président des Jeunes agriculteurs d’Occitanie mentionne auprès de Midi Libre un « ras-le-bol général », car depuis cinq ans, « les crises se succèdent ». « En France, on se rajoute toujours plus de normes, notamment agro-environnementales et on augmente les charges des agriculteurs. On se retrouve avec des prix d’achat en baisse, notamment sur la viticulture, et des charges qui augmentent », précise-t-il, soulignant que le retournement des panneaux « permet d’interpeller sans causer de ralentissement de circulation ou d’enjeu financier ».
#AgriSousPression #FDSEA85 +@JAVendee ont débuté les actions de dénonciation des contradictions réglementation sur les #communes de #Vendée : On marche sur la tête ! @PrefetVendee @FNSEA @JeunesAgri pic.twitter.com/YSsV6jiQfd
— FDSEA Vendée (@FDSEAVendee) November 15, 2023
« On nous parle d’autonomie alimentaire, mais on continue d’importer de la viande venue de l’autre bout du monde », s’agace Baptiste Pélissier. Anne-Sophie Belz-Barral, viticultrice et membre de la FDSEA de l’Hérault est du même avis, ainsi qu’elle l’explique sur Midi libre.
« Le gouvernement nous impose diverses normes à respecter alors que la plupart des produits importés n’y répondent pas. Nous prônons le bien manger français, personne ne refuse d’évoluer, mais on nous demande toujours plus de certifications… Or, même en Europe, les règles ne sont pas les mêmes pour tous », mentionne-t-elle. La viticultrice estime que le mouvement des panneaux à l’envers va permettre « d’ouvrir le dialogue entre les agriculteurs et le grand public ». « C’est une façon imagée de dire que l’on marche sur la tête », conclut-elle.
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