Pétrole, manganèse, produits agricoles: les activités françaises au Gabon dans l’incertitude
Le coup d’État au Gabon, mercredi, a déjà des conséquences sur les intérêts économiques de la France dans le pays.
« À peu près 80 entreprises françaises sont répertoriées dans le pays, celles que l’on connaît bien », affirme auprès de l’AFP Étienne Giros, président du Conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN), chargé de promouvoir les investissements français sur le continent. « À cela il faut ajouter des PME, artisans, restaurants, cabinets d’avocats, d’assurances, services financiers… qui se chiffrent en dizaines », poursuit-il.
Les activités d’Eramet « mises à l’arrêt »
Parmi les plus grands groupes français présents sur place, le groupe minier Eramet a d’ores et déjà pris des mesures en annonçant mercredi à l’AFP que ses activités avaient été « mises à l’arrêt », avec l’objectif de « protéger la sécurité de (son) personnel et l’intégrité de (ses) installations ».
Le groupe français présent à travers deux filiales, Comilog (la compagnie minière de l’Ogooué) dans l’extraction de manganèse, et Setrag (la Société d’exploitation du transgabonais) dans l’exploitation ferroviaire, emploie 8000 personnes dans le pays, majoritairement des Gabonais. Le Gabon est le deuxième producteur mondial de manganèse, d’après la société Coface, spécialisée en gestion des risques, un métal utilisé dans la production d’acier et de batteries.
Comilog extrait 90% du manganèse issu du sous-sol gabonais, d’après des chiffres du ministère de l’Économie, ce qui a représenté 4,8 millions de tonnes en 2019, le reste étant effectué par le chinois CICMHZ (Compagnie industrielle des mines de Hangzhou), et l’entreprise Nouvelle Gabon Mining (NGM), filiale du groupe indien Coalsale Group.
TotalEnergies est installée depuis 1928
Également présente, la major pétrolière TotalEnergies est installée depuis 1928 dans ce pays qui est le quatrième producteur de pétrole d’Afrique subsaharienne et qui est membre de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) depuis 2016, après l’avoir initialement quittée en 1996. Le géant français se dit auprès de l’AFP « mobilisé pour assurer la sécurité de ses salariés et de ses opérations, ce qui constitue sa principale priorité », sans en dire davantage.
TotalEnergies opère sept sites au Gabon, et a dans le pays deux filiales : TotalEnergies EP Gabon et TotalEnergies Marketing Gabon (marketing et services). C’est aussi le principal acteur dans la distribution de produits pétroliers du pays avec 45 stations, ce qui représente une présence modeste à l’échelle du continent. L’entreprise est par ailleurs entrée l’an dernier au capital de la Compagnie des Bois du Gabon (CBG) à hauteur de 49% pour développer un modèle de gestion forestière.
Aussi dans les hydrocarbures, le producteur Maurel & Prom affirme pour l’heure que la situation actuelle « n’affecte pas » ses sites d’activité, « où les opérations se déroulent normalement, sans impact sur la production ». Le groupe a annoncé le 15 août dernier qu’il allait racheter à la société d’investissement Carlyle l’entreprise pétrolière Assala Energy, active au Gabon, pour 730 millions de dollars. Interrogée par l’AFP, la compagnie pétrolière Perenco, également active au Gabon, n’a pas répondu dans l’immédiat.
« Pas un exode brutal »
« Il est beaucoup trop tôt pour dire comment la situation va affecter » les entreprises, souligne Étienne Giros, ajoutant que celles-ci tentent aujourd’hui d’évaluer prioritairement la sécurité du personnel et le risque de blocage des expatriés, ainsi que la protection de leurs biens. « Je ne vois pas un exode brutal », anticipe-t-il toutefois.
Le Gabon est par ailleurs devenu l’an dernier la première terre d’exportations françaises au sein de la Communauté des États d’Afrique centrale (Cemac) qui comprend notamment le Cameroun et le Tchad, avec 536 millions d’euros, d’après les chiffres du ministère de l’Économie.
Les principaux secteurs d’exportation ont été les produits agricoles et des industries agroalimentaires, les biens d’équipement tels que les équipements mécaniques, le matériel électrique, l’électronique et l’informatique, les biens intermédiaires, et les produits pharmaceutiques.
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