Photos d’exactions de Daesh sur Twitter : Marine Le Pen et Gilbert Collard relaxés

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Marine Le Pen et Gilbert Collard. (Photo : JOSEPH EID/AFP via Getty Images)
Von 4 mai 2021

Mardi 4 mai, le tribunal de Nanterre a relaxé Marine Le Pen et Gilbert Collard qui étaient poursuivis pour avoir diffusé en 2015 des photos d’exactions du groupe terroriste État Islamique, expliquant notamment son jugement par le respect de la liberté d’expression des deux élus du Rassemblement national.

La 14e chambre correctionnelle a par ailleurs reconnu « une vocation informative » dans la diffusion de ces images, laquelle « s’inscrit dans une démarche de protestation politique ». La diffusion « contribue au débat public » dès lors qu’elle ne « banalise pas » la violence.

La présidente du Rassemblement national (RN) et l’euro-député étaient poursuivis pour diffusion de messages violents ou portant gravement atteinte à la dignité humaine, susceptibles d’être vus par un mineur. Le parquet avait requis 5000 euros d’amende contre Mme Le Pen et M. Collard.

« Que la Justice est grande quand elle est indépendante ! », a écrit Gilbert Collard sur  Twitter.

« Daesh, c’est ça ! »

Dans le viseur de l’accusation, des tweets publiés en décembre 2015, quelques semaines à peine après les attentats, revendiqués par le groupe EI, à Paris et en Seine-Saint-Denis. Dans une France traumatisée par les attentats, Marine Le Pen avait relayé trois photos d’exactions du groupe jihadiste. Elle y avait ajouté les mots : « Daesh, c’est ça ! », en réponse au journaliste Jean-Jacques Bourdin qu’elle accusait d’avoir « comparé » le groupe EI et le Front national lors d’une émission.

Gilbert Collard, alors député du Gard, avait relayé le même jour sur ses comptes Facebook et Twitter la photo d’un homme gisant au sol, le crâne défoncé, avec ce commentaire : « Bourdin compare le FN à Daesh : le poids des mots et le choc des bobos ! »

Liberté d’expression

Mardi, le tribunal a considéré que la diffusion de ces images constituait une réponse « cohérente » de Mme Le Pen à « une attaque polémique ». Par ailleurs, le tribunal a jugé que la diffusion ne revêtait « aucun caractère prosélyte dès lors que les images étaient accompagnées des commentaires » rédigés par les élus qui n’ont ainsi pas « banalisé » ou « présenté sous un jour favorable la violence ».

Le tribunal a donc relaxé les deux prévenus, à la grande satisfaction de leurs avocats, présents au délibéré. « C’est une grande victoire pour le droit car était en jeu dans ce dossier la liberté d’expression, cette liberté d’expression a été reconnue comme totale pour un responsable politique de premier rang », a déclaré à la presse Rodolphe Bosselut, conseil de Mme Le Pen.



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