Procès d’Éric Dupond-Moretti: la décision de la CJR sera rendue le 29 novembre

La défense d'Eric Dupond-Moretti a commencé à plaider jeudi matin devant la Cour de justice de la République (CJR) pour demander la relaxe du garde des Sceaux, contre qui l'accusation a réclamé mercredi une peine d'un an de prison avec sursis.
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Éric Dupond-Moretti quitte la salle d'audience du palais de justice de Paris, le 15 novembre 2023. (Photo THOMAS SAMSON/AFP via Getty Images)
Von 16 novembre 2023

La défense d’Éric Dupond a plaidé jeudi sa relaxe à la fin de son procès inédit, en rappelant aux juges « l’enjeu » de leur décision : une condamnation, même « la plus basse », « suffirait » à entraîner la démission du ministre de la Justice.

La Cour de Justice de la République (CJR) rendra sa décision le 29 novembre à 15h00. Avant de suspendre l’audience, la cour a donné une dernière fois la parole à Éric Dupond-Moretti. « Je n’ai rien à ajouter », a déclaré le ministre à la barre d’une voix blanche.

Un an de prison avec sursis

Mercredi, l’accusation avait requis contre lui une peine d’un an de prison avec sursis, disant sa « conviction » que le ministre de la Justice s’était rendu coupable du délit de « prise illégale d’intérêt ».

Ces poursuites contre le ministre, ce réquisitoire, sont « injustes », a dit son avocate, Me Jacqueline Laffont, pour qui Éric Dupond-Moretti n’est « coupable de rien ». « J’ai un peu le sentiment que quand l’institution judiciaire se sent attaquée, elle est capable d’injustice », a-t-elle poursuivi, dénonçant la « bataille » de certains magistrats qui n’auraient jamais accepté sa nomination au ministère de la Justice en 2020, pour le pousser à « démissionner ». « L’ultime bataille » de cette « guerre » se tient à cette audience, a-t-elle dit aux trois magistrats professionnels et douze juges parlementaires de la CJR. « L’enjeu » de la décision qu’ils doivent désormais prendre, leur a-t-elle rappelé, c’est une éventuelle démission du ministre. Or Me Laffont l’assure : « Une condamnation la plus basse, la plus ridicule, suffirait à cela ». Et d’ajouter :  « Il n’en va pas seulement de l’honneur d’un homme, il en va de l’équilibre des pouvoirs. »

L’accusation avait affirmé mercredi que M. Dupond-Moretti avait ignoré les « alertes », « clignotants orange, rouge », et « franchi une ligne qu’il n’aurait jamais dû franchir » : ouvrir, en tant que ministre, des enquêtes administratives visant quatre magistrats qu’il avait critiqués quand il était avocat.

La première affaire concerne trois magistrats du Parquet national financier (PNF) qui avaient fait éplucher les factures téléphoniques de M. Dupond-Moretti quand il était avocat dans le dossier de corruption dit « Bismuth », lié à l’ancien président Nicolas Sarkozy – des « méthodes de barbouze », avait-il estimé, peu avant sa nomination surprise place Vendôme en juillet 2020.

La seconde affaire concerne un ancien juge d’instruction, auquel il avait imputé des méthodes de « cow-boy » et contre qui il avait porté plainte au nom d’un client pour violation du secret de l’instruction.

« Il ne s’est pas vengé ! »

« Il a fait quoi Éric Dupond-Moretti ? », s’est emporté son autre avocat, Me Rémi Lorrain, affirmant une fois encore que le ministre n’avait fait que suivre les « recommandations » de ses services sur des procédures lancées par sa prédécesseure. « Du début à la fin » il « est absent du processus décisionnel », n’a « jamais donné d’instruction ». Devenu ministre, « Éric Dupond-Moretti n’en avait rien à secouer » de ces affaires, « il ne s’est pas vengé ! », s’est-il encore insurgé. Assis à sa table dans le prétoire, M. Dupond-Moretti écoutait attentivement, mimant l’indignation ou la stupéfaction en même temps que son avocat la plaidait. « La thèse de la vengeance d’Éric Dupond-Moretti ne tient pas une seconde », a répété Me Lorrain, assurant que « personne », parmi ceux qui ont travaillé à ses côtés au ministère, n’avait « entendu parler d’un quelconque désir de vengeance ».



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