Provoquer « une guerre civile » en France : un islamiste jugé pour un attentat à la bombe à Lyon en 2019
Auteur présumé d’un attentat à la bombe artisanale qui avait fait plus d’une dizaine de blessés devant une boulangerie de Lyon en mai 2019, l’Algérien Mohamed Medjdoub comparaît à partir de lundi devant la cour d’assises spéciale de Paris.
Le jeune Algérien sans papiers, qui fêtera ses 30 ans le 24 avril, est jugé pour tentative d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste, fabrication d’un engin explosif en relation avec une entreprise terroriste et détention et transport de produit explosif. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
Plus d’une dizaine de blessés dont une fillette de 10 ans
Le 24 mai 2019, deux jours avant les élections européennes, le jeune homme radicalisé avait posé une bombe fabriquée par ses soins devant la boulangerie Brioche Dorée dans une rue piétonne de Lyon. L’explosion de son engin, de faible intensité, avait fait plus d’une dizaine de blessés dont une fillette de 10 ans.
Repéré sur les images de vidéosurveillance de la ville de Lyon, on voyait l’auteur présumé de l’attentat circulant à vélo le visage dissimulé sous une casquette et des lunettes de soleil. La bombe, emballée dans un sac en papier, était composée de TATP, un explosif artisanal relativement facile à fabriquer, enfermé dans un tube de chips avec plus de 270 billes et vis métalliques.
Les enquêteurs avaient pu remonter la piste du poseur de bombe grâce au système de mise à feu utilisé. Des piles, exclusivement vendues par Amazon, avaient servi pour activer l’engin. Après examen de l’historique des commandes Amazon de ces piles et les informations issues de la vidéosurveillance, les enquêteurs interpellaient Mohamed Medjdoub trois jours après l’attentat. L’enquête n’a pas permis d’établir d’éventuelles complicités.
« Radicalisation extrême, violente et revendicative »
Second d’une fratrie de quatre enfants, Mohamed Medjdoub était arrivé en France en août 2017 pour rejoindre sa famille. Titulaire d’une licence de mathématiques et informatique obtenue en Algérie, il était en situation irrégulière en France après s’être vu refuser un visa étudiant.
Face aux enquêteurs, il a reconnu être un « musulman pratiquant » revendiquant une lecture littérale du Coran. Il a expliqué que son but était de « faire peur aux Français » pour les pousser à voter pour la droite nationaliste, ce qui, selon lui, exacerberait les tensions avec les musulmans et provoquerait « une guerre civile » en France. Pour autant, a-t-il soutenu, son opération n’avait pas comme objectif de faire des morts mais seulement de « créer une panique ».
Il s’agit de « terroriser la population même en allant chercher leur pain », a-t-il dit aux enquêteurs en se présentant comme « un soldat de l’islam » ayant « dans son for intérieur » prêté allégeance à l’organisation terroriste État islamique (EI).
« L’accusé est un terroriste islamiste qui assume sa haine des institutions françaises et des Français et affirme clairement sa soif de vengeance depuis son arrestation », a confié à l’AFP, Me Pauline Ragot qui représentera la Fédération nationale des victimes d’attentats (Fenvac), une des parties civiles.
« Il est dans une radicalisation extrême, violente et revendicative », a poursuivi l’avocate qui n’attend « pas de coopération » de la part de l’accusé. Il faut que « la justice passe et mette définitivement notre société à l’abri de Mohamed Medjdoub », a-t-elle ajouté.
Un comportement « particulièrement prosélyte » en détention
En prison, l’accusé reconnaît avoir apprécié le voisinage de Salah Abdeslam, membre des commandos du 13-Novembre, avec qui il discutait « du Coran, de ce qui se passe, de tout ».
Auteur de plusieurs incidents en détention, se positionnant comme « un sage prodiguant ses savoirs et analyses », il adopte un comportement « particulièrement prosélyte », selon l’administration pénitentiaire. « Quand je croise des musulmans en détention, c’est un devoir pour moi de les convertir et je pense que j’ai du succès », a-t-il admis devant le magistrat instructeur. « Si je voulais j’aurais pu faire une centaine de morts », s’est-il vanté auprès de co-détenus. Il affirmait : « Si je sors aujourd’hui, demain je fais un attentat. »
En avril 2023, lors de son dernier interrogatoire, Mohamed Medjdoub expliquait avoir de la haine « contre toute la France ». « On m’a humilié, on m’a manqué de respect et je vais me venger. Si je prends un Français, je vais le décapiter mais aussi le couper en mille morceaux », a-t-il dit.
Le procès est prévu jusqu’au 7 avril.
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