Retraites: les syndicats invités à Matignon, nouvelle mobilisation le 6 avril

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La Première ministre française, Élisabeth Borne, se prépare à recevoir l'intersyndicale le 5 avril 2023. (Photo ALAIN JOCARD/AFP via Getty Images)
Von 30 mars 2023

Le dialogue, enfin ? Les syndicats, bien décidés à parler des retraites, sont attendus la semaine prochaine à Matignon, avant une journée de mobilisation le 6 avril et alors que le Conseil constitutionnel se prononcera sur la réforme le 14 avril.

Au lendemain d’une dixième journée d’action moins fournie et aussi moins chaotique que prévu, syndicats et exécutif se donnent un peu d’air pour faire retomber la tension avec la perspective de cette rencontre inédite depuis des semaines, alors que le conflit dans la rue est entré dans son troisième mois. De là à envisager une sortie de crise ? Il y a loin de la coupe aux lèvres et l’intersyndicale a prévu une onzième journée d’action le 6 avril.

Le Conseil constitutionnel, lui, rendra ses décisions sur la réforme controversée le vendredi 14 avril, « en fin de journée », a-t-il annoncé mercredi. Sur la constitutionnalité du projet de loi adopté et sur la recevabilité de la demande de référendum d’initiative partagée (RIP) lancée par la gauche. Mardi, le ministère de l’Intérieur a recensé 740.000 manifestants en France, dont 93.000 à Paris, la CGT « plus de 2 millions » dont 450.000 dans la capitale.

Avant la nouvelle journée du 6 avril, les syndicats ont rendez-vous avec la Première ministre Élisabeth Borne. Lundi, mardi ou mercredi ? Matignon n’a pas confirmé la date du 5 avril, indiquant ne pas avoir encore reçu toutes les réponses.

Une « perte de temps » selon certains membres de la CGT

La CGT, en plein congrès, doit annoncer vendredi le nom du nouveau ou de la nouvelle secrétaire générale pour succéder à Philippe Martinez. Mais au sein de la CGT, des voix s’élevaient mercredi pour dire que répondre à l’invitation de Mme Borne serait « une perte de temps ». Pour Marylise Léon, « l’enjeu est de saisir cette main tendue » de l’exécutif, car « c’était une aberration que ni la Première ministre, ni le président, ni même le ministre du Travail n’aient souhaité rencontrer l’intersyndicale ».

Le ministre des Relations avec le Parlement, Franck Riester, et le président du MoDem, François Bayrou, ont prévenu mercredi que la question du recul de l’âge légal de départ à la retraite ne serait pas au menu. Le report de 62 à 64 ans, « c’est le cœur de la réforme sur lequel, depuis le départ, il n’y a pas d’accord », a déclaré M. Riester, souhaitant que l’échange s’organise autour de « sujets sur lesquels on est d’accord ».

« Les 64 ans sont dans le texte », a renchéri François Bayrou, « on ne peut pas changer de ligne à ce point ». « Le texte, il est derrière nous », a tranché pour sa part le député Renaissance Sylvain Maillard devant la presse. Dans l’opinion, la mobilisation reste majoritairement approuvée (63%), selon un sondage Elabe pour BFMTV paru mercredi, qui montre que l’exécutif est perçu comme le principal responsable du conflit social à 62% (+9 points depuis le 10 mars).

« Une mise en scène médiatique aurait un effet désastreux »

Si elles ont bien lieu, les retrouvailles entre gouvernement et syndicats mettront-elles seulement en scène un dialogue de sourds ?

Le secrétaire général de l’Unsa, Laurent Escure, a prévenu mercredi sur Twitter des risques de déception, avec un effet qui serait « désastreux » et une journée du 6 qui « prendrait une autre tournure ».

« Si Mme Borne crée uniquement une mise en scène médiatique (…), ça va (lui) revenir comme un boomerang au visage », a aussi averti le député LFI Alexis Corbière. À droite, Aurélien Pradié (LR) a également estimé que « si le gouvernement accepte le dialogue, c’est pour vraiment dialoguer, pas pour faire semblant ».



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