Russie : l’opposant Navalny libéré repart en campagne contre Poutine

Le principal opposant au Kremlin, Alexeï Navalny, doit retrouver dimanche matin la liberté, après avoir passé 20 jours en détention, et reprendre le fil d'une campagne électorale dont le cours s'est accéléré en son absence.
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Le chef de l'opposition russe Alexeï Navalny libéré. Les manifestations du printemps, interdites par les autorités, lui ont valu des condamnations L'opposant, qui a ouvert des dizaines de bureaux de campagne en province dans la foulée du succès de ses meetings, est souvent la cible d'agressions. Il est aussi l'objet de plusieurs poursuites judiciaires visant, selon ses partisans, à entraver ses ambitions politiques. (MAXIM ZMEYEV / AFP / Getty Images)
Von 22 octobre 2017

Le principal opposant au Kremlin, Alexeï Navalny, a annoncé dimanche avoir été libéré après 20 jours en prison pour l’organisation de manifestations non autorisées contre le président Vladimir Poutine qu’il espère affronter à la présidentielle de mars prochain.

Candidat déclaré à la prochaine présidentielle, Alexeï Navalny a à cet égard ajouté qu’il était « prêt à travailler » et se rendait à un rassemblement prévu pour dans la soirée à Astrakhan (sud-ouest) auquel les autorités locales ont cette fois donné leur aval.

Avec de telles manifestations, l’opposant espère rythmer la campagne électorale en vue du scrutin de 2018.

Et ce bien que mardi, la présidente de la commission électorale centrale, Ella Pamfilova, eût affirmé qu’il était inéligible jusqu’en 2028 en raison d’une condamnation de justice.

À moins de six mois du scrutin, pour lequel Vladimir Poutine ne s’est pas encore officiellement déclaré candidat, l’opposant devrait en effet continuer à multiplier les déplacements et les manifestations pour élargir sa base électorale, essentiellement concentrée à Moscou.

Peu après sa condamnation à 20 jours de prison, il avait ainsi appelé à manifester le 7 octobre, jour de l’anniversaire du chef de l’État russe. Des milliers de personnes s’étaient réunies dans plusieurs villes et au moins 270 avaient été arrêtées.

En dépit de l’indifférence des médias publics nationaux, ses meetings avaient également rassemblé en mars et en juin des dizaines de milliers de personnes, souvent très jeunes, à travers la Russie et débouché sur des centaines d’arrestations.

Ces manifestations du printemps, interdites par les autorités, ont valu deux autres condamnations à Alexeï Navalny à de courtes peines : 15 jours pour l’organisation de la manifestation de mars, puis 25 jours pour celle de juin.

L’opposant, qui a ouvert des dizaines de bureaux de campagne en province dans la foulée du succès de ces meetings, est souvent la cible d’agressions. Il est aussi l’objet de plusieurs poursuites judiciaires visant, selon ses partisans, à entraver ses ambitions politiques.

Résolu à mener campagne contre Vladimir Poutine, Alexeï Navalny doit maintenant composer avec un autre coup de théâtre survenu pendant sa détention : l’annonce mercredi soir de la candidature de Ksenia Sobtchak, une vedette de télévision proche de l’opposition.

Cette candidature, que de nombreux médias et analystes ont qualifiée de « coup monté » du Kremlin, risque de diviser davantage les rangs des adversaires à Vladimir Poutine.

Dès septembre, alors que cette candidature n’était encore qu’hypothétique, Alexeï Navalny l’avait ainsi vertement critiquée, dénonçant un « plan du Kremlin » et qualifiant de « caricature de candidat libéral » Ksenia Sobtchak, fille du mentor politique du président russe, Anatoli Sobtchak.

En retour, cette femme de 35 ans, qui affirme être une candidate « contre tous », l’avait accusé de vouloir garder « le monopole de l’opposition ». Elle a cependant ensuite affirmé mercredi soir qu’elle retirerait sa candidature si Alexeï Navalny était autorisé à se présenter en mars.

Sorti de prison, Alexeï Navalny pourrait désormais avoir l’occasion de se positionner clairement face à cette nouvelle rivale, qui a incarné la jeunesse dorée de la première décennie de l’ère Poutine, avant de se rapprocher de l’opposition au moment des manifestations de 2011-2012.



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