Suicide au TPIY : comment le Croate s’est-il procuré le poison ?
Deux jours après le suicide de Slobodan Praljak, mort après avoir bu le contenu d’une fiole dans une salle d’audience du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), les enquêteurs cherchent à savoir comment le Croate de Bosnie, condamné à 20 ans de prison, a pu se procurer ce liquide.
Selon Goran Sluiter, avocat néerlandais et professeur de droit international à l’Université d’Amsterdam, il a sûrement eu au moins un complice pour passer les stricts contrôles de sécurité au tribunal.
QUESTION : Comment Slobodan Praljak a-t-il pu se retrouver en possession de cette fiole en salle d’audience?
RÉPONSE : Trois scénarios sont possibles. Il peut s’être procuré le liquide au sein du centre de détention. Par exemple, en économisant un médicament administré dans le cadre d’un traitement.
Soit il s’est procuré la fiole durant le transport entre le centre de détention et le tribunal, mais cela m’étonnerait, car il s’agit d’un laps de temps très court.
La troisième possibilité, c’est qu’il l’ait eu au sein même du TPIY. Et dans ce cas, cela réduirait considérablement le cercle de gens qui auraient pu l’aider. On pense alors immédiatement aux avocats, qui sont les seuls à pouvoir approcher les accusés.
Quoiqu’il en soit, il a forcément eu de l’aide pour avoir cette fiole en sa possession en salle d’audience.
TPIY : Slobodan Praljak, un général croate jugé pour crimes de guerre, se suicide.. https://t.co/Vp9KiwQQav pic.twitter.com/ZYPqTAEFCx
— ActuDirect (@ActuDirect) 29 novembre 2017
Q: Quelles sont les mesures de sécurité pour les avocats et les accusés du TPIY?
R: Au centre de détention de Scheveningen, il y a deux contrôles lors desquels nous sommes scannés, comme à l’aéroport : un à l’entrée du complexe pénitentiaire, qui est sous autorité néerlandaise, et un à l’entrée de l’unité réservé aux accusés du TPIY, qui est sous l’autorité des Nations unies, et bien plus strict que le premier.
À leur arrivée au tribunal, les accusés doivent passer par un contrôle qui détecte les métaux et les drogues, qui restent toutefois très difficiles à repérer. Les médicaments peuvent également être mélangés à de l’eau, de façon à passer comme une simple bouteille d’eau.
Puis, ils sont amenés dans une cellule d’attente avant le début de l’audience, avant de repasser par un contrôle de sécurité.
Suicide en direct d’un accusé au TPIY : des traces de « substance chimique » dans la fiole https://t.co/NJDtwliZFM
— DroitetPsychanalyse (@DroitetPsychana) 1 décembre 2017
Q: Les accusés et les avocats sont-ils fouillés avant d’entrer dans le TPIY?
R: Il ne s’agit pas d’une section terroriste, donc les fouilles sur les accusés sont moins strictes. Mes propres bouteilles d’eau n’ont jamais été contrôlées, par exemple. Les vêtements sont surtout fouillés pour sentir s’il y a une arme. Slobodan Praljak peut très bien avoir dissimulé cette petite fiole dans un de ses orifices.
Lorsque que quelqu’un veut mettre fin à ses jours, il trouve toujours le moyen de le faire.

(ROBIN VAN LONKHUIJSEN/AFP/Getty Images)
L’autopsie rapide du corps est « la plus haute priorité pour le parquet »
L’autopsie du corps de Slobodan Praljak a débuté vendredi, deux jours après que le Croate de Bosnie s’est suicidé en direct en buvant le contenu d’une fiole dans une salle d’audience du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY).
« Ce matin, l’autopsie du corps de M. Praljak a débuté. Deux experts croates sont présents en tant qu’observateurs, à la demande du TPIY », a communiqué le parquet de La Haye sur son compte Twitter, ajoutant que « le résultat (n’était) pas encore disponible. »
(Captures d’écrans YouTube et Twitter)
R.B avec AFP
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