Tuerie dans le Nord : une vengeance professionnelle à l’origine du drame ?

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Des CRS bloquent une route près d'un camp de migrants où deux agents de sécurité et deux migrants ont été abattus, près de Dunkerque le 14 décembre 2024. (Photo BERNARD BARRON/AFP via Getty Images)
Von 16 décembre 2024

Quarante-huit heures après le quintuple meurtre survenu samedi dans les environs de Dunkerque, la piste d’une vengeance professionnelle se dessine, le tireur présumé ayant travaillé pour sa première victime ainsi qu’au sein de l’entreprise où exerçaient les deux suivantes.

Le suspect de 22 ans, qui s’est rendu à la gendarmerie de Ghyvelde (Nord), petite commune à la frontière belge, samedi, avait de la rancœur envers sa première victime, Paul Dekeister, qui était son ancien employeur, a indiqué l’avocate du suspect, Véronique Planckeel.

« Beaucoup de zones d’ombre demeurent »

Cet homme de 29 ans, qui dirigeait une société de transport routier, a été tué vers 15h15 samedi à Wormhout devant son domicile par plusieurs tirs d’armes à feu.

« On ne sait pas la manière dont s’est rompu le contrat de travail », a déclaré à l’AFP l’avocate, pour qui « beaucoup de zones d’ombre demeurent » sur le mobile.

Selon une source proche du dossier, une vengeance après un différend professionnel fait partie des pistes privilégiées.

Me Planckeel souligne que son client, en garde à vue depuis samedi, « a spontanément reconnu les faits et est très posé, très calme ». Elle n’est cependant « pas sûre que ce garçon comprenne vraiment les conséquences de ses actes » ni qu’il « sache lui-même quoi répondre » aux enquêteurs.

Le tueur présumé a en outre été salarié de l’entreprise Eamus Cork Security (ECS) pour laquelle travaillaient ses deux victimes suivantes, deux agents de sécurité, a indiqué lors d’un point-presse Patrick Guerbette, fondateur d’ECS.

Il y a effectué « une période de formation et de contrat de professionnalisation (…) il y a plus d’un an et demi » durant laquelle il n’a été la cible d’« aucun reproche », a ajouté M. Guerbette. Selon lui, il n’avait alors « pas du tout » été en contact avec les deux agents pris pour cible.

Ces deux pères de famille trentenaires, Marc et Aurélien, ont été tués vers 16h00 dans la zone portuaire de Loon-Plage, en périphérie de Dunkerque. Ils étaient en mission de surveillance à bord d’un véhicule d’entreprise, a ajouté lors du point-presse Bruno Willems, PDG d’ECS.

Pour Patrick Guerbette, « n’importe qui qui se serait trouvé là, à ce moment-là sur la route, aurait pu être une victime. »

D’après l’avocate du suspect, sur les deux agents de sécurité, « il en connaissait un de vue, semble-t-il, c’est tout ».

Enfin, a-t-elle ajouté, il n’y a pour l’heure « pas d’explication » au meurtre quelques minutes plus tard et à cinq kilomètres de là de deux migrants à proximité d’un campement. Ceux-ci « pourraient être de nationalité iranienne (…) âgés de 19 et 30 ans », a indiqué dimanche la procureure de Dunkerque, Charlotte Huet, par un communiqué.

La source proche du dossier rapporte qu’ils auraient été pris pour cible par hasard.

« De nombreuses personnes » sur le campement « nous ont demandé de la protection, un hébergement », a indiqué Célestin Pichaud, coordinateur de l’association Utopia 56. « La peur, le stress et la précarité sont au maximum », a-t-il alerté.

Le suspect « est inconnu des services de police et de l’autorité judiciaire » et « plusieurs armes à feu ont été retrouvées dans sa voiture », a précisé Charlotte Huet dimanche.

L’enquête a été ouverte pour « meurtres précédés, accompagnés ou suivis d’un autre crime » et « acquisition, détention, port et transport d’armes de catégorie A et B », des faits passibles de la réclusion à perpétuité.

Cette garde-à-vue peut durer « jusqu’à 96 heures, c’est-à-dire jusqu’à mercredi », a précisé la procureure dans son communiqué.



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