Vingt ans après les menaces «AZF» contre le réseau ferré, «Mon gros loup» au tribunal

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Cette photo datée du 25 mars 2004 montre un cheminot français inspectant les rails de la ligne ferroviaire Paris-Strasbourg-Munich après une alerte à la bombe. (OLIVIER MORIN/AFP via Getty Images)
Von 19 juin 2023

Sous le nom du mystérieux groupe « AZF », il avait menacé en 2003 et 2004 de faire sauter des bombes sur le réseau ferré si l’État ne lui versait pas une importante rançon : vingt ans après, un homme est jugé mercredi et jeudi au tribunal de Paris.

Derrière le pseudonyme de « Mon gros loup », qui correspondait par petites annonces codées avec la police elle-même dissimulée sous l’alias « Suzy », se cachait Michel D., bientôt 76 ans, un ancien chef d’entreprise « un peu inventeur ». Il doit comparaître devant la 14e chambre correctionnelle au côté de Perrine R., 60 ans, une ex-employée. Le dossier aurait pu complètement tomber aux oubliettes sans la dénonciation, en septembre 2017, d’un de leurs proches.

Une décennie plus tôt, l’affaire avait défrayé la chronique, mobilisé des centaines de policiers et des hélicoptères pour livrer par les airs la rançon aux poseurs de bombes. C’est pourtant à très bas bruit que le groupe « AZF » avait annoncé son « entrée en scène », dans une première missive parvenue le 11 décembre 2003 à l’Élysée et au ministère de l’Intérieur.

Le « groupe de pression à caractère terroriste secrètement créé au sein d’une confrérie laïque à spécificité éthique et politique », comme il se présente, promet alors de formuler « en temps utile » ses « exigences financières circonstanciées ».

« Une série de bombes » sous des voies ferrées

C’est chose faite deux mois plus tard. Dans une nouvelle lettre adressée aux autorités, le « commando » assure avoir enfoui « une série de bombes » sous le ballast des voies ferrées du réseau français et menace de les faire exploser, à défaut du versement d’une rançon de quatre millions d’euros. S’il juge « préférable de payer », l’État devra faire paraître dans la rubrique « Messages personnels » du journal Libération l’annonce suivante : « Mon gros loup, ne prenons pas de risques inutiles, le plus tôt sera le mieux. Donne-moi tes instructions. Suzy ».

La police s’exécute le 19 février 2004. En retour, le groupe « AZF » communique les coordonnées GPS d’une première bombe – celle-ci, « sophistiquée » et en état de fonctionner, sera retrouvée sur la ligne Paris-Toulouse, à Folles (Haute-Vienne). « AZF » exige aussi le largage des millions depuis un hélicoptère devant décoller du sommet de la tour Montparnasse. « Pour assurer réussite, l’oiseau doit s’envoler d’ailleurs », objecte « Suzy » à « Mon gros loup », dans une autre petite annonce le 24 février 2004.

Une nouvelle opération de remise de rançon est organisée. Le 1er mars, en fin d’après-midi, une femme demande par téléphone aux policiers de se rendre « le plus rapidement possible » en hélicoptère à l’aérodrome de Montargis (Loiret), où d’autres instructions les attendent. Sur place, un mot précise de larguer la rançon sur « une bâche bleue », quelques kilomètres plus au sud. Mais la police ne trouve pas ce « foulard bleu », comme l’écrira « Suzy » dans Libération.

L’affaire « AZF » éclate au grand jour le 3 mars 2004, quand son chantage à la bombe est dévoilé dans la presse, malgré des consignes contraires de la place Beauvau dans une inhabituelle « note aux rédactions ». Le groupe reste muet quelques jours, avant d’exiger une « contribution » plus importante de l’État, de six, puis de huit millions d’euros. Mais dans une neuvième et dernière lettre, le 25 mars 2004, il annonce, d’un « sans rancune et à bientôt », la suspension de son action. La veille, un agent SNCF avait fortuitement découvert dans l’Aube une seconde bombe, sur la voie ferrée Paris-Troyes-Bâle.

Deux personnes mises en examen en 2018

Le groupe « AZF » avait disparu des radars jusqu’à l’interpellation et la mise en examen, en juin 2018, de Michel D. et Perrine R., qui ont reconnu leur participation, tout en démentant avoir cherché à instaurer « la terreur », n’ayant jamais souhaité donner de publicité à leurs menaces.

La qualification terroriste a finalement été abandonnée. L’objectif de Michel D. « a toujours été de mettre en œuvre un projet écologique et humaniste, (…) en l’occurrence réaliser des ‘‘prototypes opérationnels pour la production et l’utilisation d’énergies nouvelles non polluantes et illimitées’’ », explique à l’AFP son avocate, Lucile Collot. « Les bombes qu’il a confectionnées n’étaient que le moyen de crédibiliser une menace mais elles n’ont jamais eu vocation à exploser ou blesser qui que ce soit », souligne Me Collot.



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